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    Nana Osaki vit cachée tel un chat vagabond à Londres, évitant tout contact avec ceux qu'elle a connu par le passé. Cependant de nouvelles révélations sur la mort de Ren pourraient bien tout changer.



    Nana vit cachée tel un chat vagabond à Londres, évitant tout contact avec ceux qu'elle a connu par le passé. Cependant de nouvelles révélations sur la mort de Ren pourraient bien tout changer.

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 Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire. (RUKA - ISAAC)

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Isaac Mugen
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MessageSujet: Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire. (RUKA - ISAAC)   Mer 28 Déc - 21:47


    « Car je suis encore fort mauvais poète
    Car l'univers me déborde
    Car j'ai négligé de m'assurer contre les accidents de chemin de fer
    Car je ne sais pas aller jusqu'au bout
    Et j'ai peur.
    » B. Cendras.




    Alors il le rencontrait vraiment, le visage du mal. Cette sale gueule qui l'avait suivi au fil des années, qu'il avait joué à ignorer. Il était ivre. Sur le point de la tuer, à petit feu, tranquillement. Il riait de ces supplices, de tout son être et de tout son corps, chaque particule de lui-même criant jusqu'à la haine. Une infinité de sensations, intenses et écartelées : l'enfer exacerbé. Des os qui craquent, la bouilloire qui siffle, et une odeur de cramé dans le miroir. Le sang écrivait des formules extraordinaires sur ses mains, ses vêtements et son visage, partant en filets rouges et brillants. Ses poings devenaient plaies rouillées, à mesure que la colère l'incendiait. Mais la blessure ne le gênait pas; la douleur était absente : elle était intérieure. Un, deux, trois, dix coups, et le verre explosait encore. L'air se faisait étouffant, et son coeur troué devint musical. Des tambours lui martelait le crâne, chantaient, hurlaient la démance. Il sentit alors son corps s'écraser sur le sol froid et humide, comme il s'abandonnait aux rires. Le controle de soi, la constance, la prudence, toutes ces conneries dépassées. Mais le mal n'était pas dans cette brutalité gratuite et assumée qu'il avait maintenant atteint. Il était tout autre. Il était d'un ennui...

    L'homme s'enfonçait dans le mur, dans une négation de soi des plus totales. A travers la glace, la surface lisse et luisante ne renvoyait qu'une image brisée, l'îcone d'un martyr qu'il s'était imaginé. Le visage du non-sens, un rien : personne. C'était un regard banal, le sien, desespérément neutre. Un spectacle étonnant, l'agonie d'un coeur. Il le tua. Et s'éffondra.


    « Paris a disparu et son énorme flambée
    Il n’y a plus que les cendres continues
    La pluie qui tombe
    La tourbe qui se gonfle
    La Sibérie qui tourne
    Les lourdes nappes de neige qui remontent
    Et le grelot de la folie qui grelotte comme un dernier désir dans l’air bleui
    Le train palpite au cœur des horizons plombés
    Et ton chagrin ricane.
    »


     

    Isaac s'éveilla d'un mal de crâne abominable, étalé sur le sol glacé du salon, presque nu. Huit heures avaient passées. Huit heures oubliées. Il avait froid, comme l'était cet appartement pauvre et délabré. Usé lui aussi, l'estomac brouillé, des frissons lui parcouraient tout le corps. Mais ce n'était rien à côté de la douleur idicible des courbatures. Il était comme une vieille machine, une mécanique rouillée. Des coups de marteau, une anxiété croissante, son dos le tiraillait. Il lui semblait se fissurer peu à peu, comme un verre qui éclaterait. Et ce froid dévorant, à l'intérieur des os : il mangeait tout.

    Il tentait, en vain, de se remémorer ses derniers instants, le pourquoi de cet état. Cette sensation de chaud-froid, certainement. Il accouru vers l'étroite et miséreuse salle de bain, l'envie de vomir lui serrant le coeur. Aussi décidait-il de sortir prendre l'air, maintenant excité de chaleur. C'était à n'y rien comprendre. Il se passa la tête sous l'eau, et ses pensées se ravivèrent. Alors il discerna le mal, des boûts de verre qui empêtraient le plancher : il avait tout détruit. Et sur son visage, son propre coup, une plaie qu'il s'était lui-même infligé.

    Agenouillé, Isaac ramassait les morceaux du miroir brisé de colère. Il se coupa légèrement à la cheville, aussi alla-t-il chercher un pansement à s'appliquer. Il changea ses vêtements tâchés d'horreur, et s'efforça de compresser la méchante blessure qu'il avait à l'arcade sourcilière. Une entaille plutôt profonde, comme s'il s'était prit un coup, une belle raclée. Il ne se souvenait plus. Brusquement, le jeune homme balança la fiole de rouge qu'il tenait à la main. Celle-ci éclata au mur, en éclaboussure sanguinolente. Un flash de nouveau, cette même illusion qui lui avalait l'esprit, toujours : Angelo, le père. Même mort, du moins c'est ce qu'Isaac présumait, il apparaissait en trouble-fête, encore. T'as pas eu besoin de moi pour te faire ça, hein connard !, qu'il disait.

    Il avait peur parfois. Peur de ces moments, ces absences ou il n'était plus maître de lui-même. Des instants d'amnistie, si libérateurs. Plus jamais. Ils étaient rares, mais violents. Sans compter les arrêts, un mois, peut être deux qu'il avait commencé, voilà tout. Le plus dûr était passé, l'apogée du sevrage. Et putain, qu'est-ce que ça faisait mal ! Un mal de chien.

    Le mouvement lui devenait pénible et fatiguant, comme un sentiment d'inquiétude et de mélancolie semblait se répandre de lui, dans toute la pièce. Un malaise au goût amer, avide et pesant, envahissait l'espace. Cette impression désagréable, comme si tout contrôle s'évanouissait, lui effleurait tout le corps. Toc-toc dans la tête. Agité, Isaac se leva d'un bond, et d'un élan irrationnel, il s'enfuit, la porte claquée. Il ne voulait que respirer. Le plus dûr est passé, se répétait-il comme un écho obstiné.

     

    « En ce temps-là j’étais en mon adolescence
    J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
    J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance
    J’étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares
    Et je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
    Car mon adolescence était si ardente et si folle
    Que mon cœur, tour à tour, brûlait comme le temple
    d’Éphèse ou comme la Place Rouge de Moscou
    Quand le soleil se couche.
    Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
    Et j’étais déjà si mauvais poète
    Que je ne savais pas aller jusqu’au bout.
    »




    Dehors, la brise criait fort dans les oreilles des passants, des voleurs, des prostituées et des dealers. Quelques paumés aussi, pour la une des journaux du jeudi, et puis le service nécrologique du vendredi, en petits caractères, les Oubliés. C'était un peu les siens, les perdus, les égarés. L'underground était son foyer, son gagne-pain parfois. Isaac aimait photographier ces visages de la marge, les punks, les tatoués et les camés. C'était un peu sa famille, ses frères de route, les rejetés de la société. Il fréquantait souvent une petite bande d'Itabashi, des gens biens et qui savaient voir le monde. Il y avait le vieux Dosan, respecté et réputé dans le quartier pour ses techniques de persuasions au goût un peu, disons, dantesque. Sa fille, Hana, belle et froide comme la pierre, mais aussi piquante et fragile qu'un bouton de rose. Proxénète, tatoueuse acharnée, fille de joie consentie, narco-trafiquante... On ne sait plus. Alcide, un petit jeune sympathique, dix-sept ou dix-huit ans tout au plus, surnommé ainsi en mémoire d'un bain à l'acide forcé, qui lui a brûlé l'entier de son bras droit, ou presque. Puis Viki, sa droguée de copine, Kaemon, ancien flic et récemment largué, Manzo, son compagnon de guerre. Et beaucoup d'autres. S'ils pouvaient tuer sans aucune crainte ni difficulté, ils savaient aussi écouter. Jamais ils ne lui avaient demandé quoi que ce soit. Jamais ils ne posaient de questions. Ils t'acceptaient ou t'en mettaient sur la gueule, au jeu de la chance et du hasard. Quitte ou double. C'est eux qui choisissaient. Après tout, c'était les rois du quartier. Les princes des réseaux secrets, dans les esprits au moins. Ca, Isaac ne le su qu'après. Et souvent, il se disait que c'était peut être ce qui l'avait sauvé. Comme quoi...

    Le jeune homme ne comptait plus toutes ses soirées à jouer au poker, entre trois bières et deux flush corsées. Ils l'avaient nourris, dans ses sombres heures, sans rien exiger en retour. Il ne savait d'eux que ce qu'on racontait dans le jargon populaire, et ils n'avaient que faire de lui rendre la pareille. Ils se fichaient bien de savoir qui il était, d'ou il venait, sauf peut être Hana qui l'adorait. Isaac était simplement le petit nouveau, et ce depuis des années.

    Le quartier, noir de monde la nuit venue, semblait plus hostile désormais. Et l'air toujours plus chaud. Il se fit étouffant.

     

    « Je suis couché dans un plaid
    Bariolé
    Comme ma vie
    Et ma vie ne me tient pas plus chaud que ce châle Écossais
    Et l’Europe tout entière aperçue au coupe-vent d’un express à toute vapeur
    N’est pas plus riche que ma vie
    Ma pauvre vie
    Ce châle
    Effiloché sur des coffres remplis d’or
    Avec lesquels je roule
    Que je rêve
    Que je fume
    Et la seule flamme de l’univers
    Est une pauvre pensée.
    »


     

    Isaac avançait fiévreusement, à travers les ruelles sombres et grises de la mégacité. L'obscur gobait tout le secteur, sale et meurtri. D'incertaines odeurs se succédaient à mesure que l'on franchissait les diverses zones qui le composait. Ainsi, le jeune homme trouvait qu'Itabashi nord sentait le bois brûlé, les épices marchandes au sud, la peinture fraiche des immeubles en rénovation à l'est. Mais la nuit, c'était différent. C'était l'alcool, la pisse ou la fumée. Il s'était habitué.

    Le mal lui arrachait des douleurs monstreuses, le dos, la tête, les reins : il se sentait éclater. Ses veines hurlaient le remède magique espéré, comme s'accentuaient contractures musculaires et abdominales.

    « Au début, c'est l'extase. Je ne te parle pas de ce genre d'euphorie passagère et minable que tu sens lorsque que tu fumes tes clopes à la con, non, je te parle d'une libération complète. La sur-puissance. Une apathie totale. Ce n'est pas une fuite de la réalité comme nous le râbachent ces idiots de médecins, non, c'est la prise de conscience de cette réalité, justement. C'est jouir de cette réalité, c'est l'embrasser, c'est la Liberté. Et tu sais ce qu'est la Liberté Isaac ? Au creux de l'évidence humaine, la liberté, c'est être libre de choisir ses chaînes. »



    La Liberté. Oh combien il l'avait embrassé. Le vieux avait vu juste. Le choix, voilà la Liberté. Isaac avait pourtant comprit que ce genre d'extase ne durait pas. Qu'il y avait un envers. Il y a toujours un envers. Prit de vertiges, le jeune homme s'arrêta un instant et se grilla une cigarette, adossé contre un mur aux tuiles glacées par le givre. Il fit un, deux, puis trois pas, jusqu'à retrouver un équilibre minimal. Il devait lui parler.

    Les passants lui apparaissait telles des ombres déchirées, effrayantes et irréelles. Les regards de ces fantômes l'asphyxiait, et lorsque l'un d'eux s'approchait, il lui semblait qu'il l'étranglait. Le temps du jugement, la punition sûrement. Si la culpabilité était innocente, le choix ne l'était pas. Il avait vu juste, le vieux.

    « Après l'extase ? Qu'est-ce que tu crois ! Après... La conséquence. L'esclavage. L'extase s'enfuie comme une femme, sans prévenir. Il t'en faut plus, toujours plus. Il t'en faut pour boucher les trous. Il t'en faut pour combler la soif, incessante. Ta liberté est de courte durée. »



    La nuit, le quartier s'eveillait. Les bars, boîtes en tout genre et traffics interdits renaissaient. Isaac progressait vite dans cette jungle ou les fleurs taguées poussaient comme des champignons, ou les bois étaient des entrepôts désafectés et les arbres des poteaux indicateurs, ventant les bienfaits de telle ou telle cuisine, de tel ou tel pommeau de douche miraculeux. C'était presque une insulte, pour Itabashi.

    Le mal lui rongeait le crâne. Ce petit insecte de l'autre fois grandissait, semblait manger toute son âme. Isaac courait à en sentir son sang coâguler, la lumière étincelante des néons l'aveuglant presque. Il devait lui parler. La respiration commençait à lui manquer, mais il couru davantage, plus vite, plus loin. Elle approchait son coeur maintenant, la petite bête. Piquait, pinçait, écrasait.

    - Ecoute gamin, je t'en donne, si tu en veux vraiment. Je préfère être le bourreau de qualité que le prochain crétin que tu iras voir si j'refuse. C'est mieux pour ma conscience. Mais crois-moi, ça n'en vaut pas la peine.

    - J'en ai besoin,
    avait-il dit, essayant de paraître plus sûr et déterminé que n'importe qui.

    - Tout le monde dit en avoir besoin. Foutaises ! J'te pensais moins con. Mais laisse-moi au moins terminer mon histoire. La soif, ou la faim, qu'importe, comprends l'abstination qui t'es la plus difficile. Quelque chose comme une araignée qui t'bouffe, lentement, car elle, elle prend son pied. Ca t'pompe de l'intérieur, cette bête-là. C'est comme le gouvernement, plus pour moins. Et toi, c'est terminé. Fini, classé. Oublie pas ce que je t'ai dis gamin, elle en veut toujours plus.

    Une araignée
    . Isaac allait encore, à boût de force.

    Minuscule et indélébile
    . Toujours plus.

    Doucement, se nourrit de toi
    . Quand bien même sa vision devenait floue et tourmentée, il s'élançait.

    De ton énergie, de ta vie
    . Il étouffait.

    Et lentement, tu te sens mourir.


    Mourir.

    D'un bruit sourd, un coup violent à la tête le frappa. Isaac senti le froid du sol sous ses mains fébriles. Il avait chuté. Ramené à la réalité, il comprit qu'il se trouvait dans une petite ruelle, près du bar Inayami. L'araignée, ou plutôt, une femme. Une femme à la beauté douce et aux cheveux très longs, étrange princesse dans ce royaume de timbrés.

    Si la crise le rendait nerveux, l'agressivité lui était rare. Mais ce n'était pas comme les autres fois. C'était bien plus rude. Le coeur à la dérive, il fulmina de rage :

    - Vous ne pouviez pas faire attention, non ?!

    Il rencontra alors le regard de la jeune femme, et le sien, dûr, aigre, terrible. Isaac baissa les yeux. Que disait-il ? Que pouvait-il dire ? La chaleur le regagnait, les frissons et la respiration difficile. Le coup avait réouvert sa blessure. Embarrassé par son attitude insolente et prit de remords, il s'excusa à sa manière, maladroite, maladive.

    - Je...excusez-moi.

    Son visage ne se défigeait pas. Il ne parvenait pas à l'adoucir, tant il était tiré. La pupille dilatée, les traits graves, bref, une tête à faire peur. Elle le prendrait pour un imbécile cinglé. Tant pis.

    Il devait le trouver, il devait lui parler.

     

    « Pourtant, j’étais fort mauvais poète.
    Je ne savais pas aller jusqu’au bout.
    J’avais faim
    Et tous les jours et toutes les femmes dans les cafés et tous les verres
    J’aurais voulu les boire et les casser
    Et toutes les vitrines et toutes les rues
    Et toutes les maisons et toutes les vies
    Et toutes les roues des fiacres qui tournaient en tourbillon sur les mauvais pavés
    J’aurais voulu les plonger dans une fournaise de glaives
    Et j’aurais voulu broyer tous les os
    Et arracher toutes les langues
    Et liquéfier tous ces grands corps étranges et nus sous les vêtements qui m’affolent…
    Je pressentais la venue du grand Christ rouge de la révolution russe…
    Et le soleil était une mauvaise plaie
    Qui s’ouvrait comme un brasier.
    »




    o


Dernière édition par Isaac Mugen le Dim 18 Mar - 12:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire. (RUKA - ISAAC)   Ven 30 Déc - 0:20

« Oui Ruka c’est bien, tu es parfaite, reste comme ça. Non, maintenant relève la tête et regarde moi, oui, comme ça tu es parfaite. »

Encore une séance photo où on lui disait quoi faire, quoi penser et quoi exprimer. Elle savait très bien que cela faisait parti du métier qu’elle avait choisi de faire, mais Ruka ne supportait pas qu’on lui dise quoi faire. Elle essaya encore une tenue, se fit coiffer pour la énième fois puis revint devant le photographe. Elle était vêtue d’une grande robe noire dans le style robe de mariée avec des volants et un collier noir munit d’une rose rouge. Le collier était presque en train de l’étrangler mais elle ne disait rien et restait immobile devant l’appareil qui ne faisait que capturer son image. Quand on regardait bien, on pouvait remarquer que la vie d’un mannequin était morose. Ruka passait ses journées à faire des séances photos ou des défilés pour de grands couturiers. Elle les connaissait presque tous.

Cela allait-il s’arrêter un jour ou cela allait-il demeurer ainsi pour le reste de sa vie ? Cette question qui lui tournait tout le temps dans la tête, mais personne n’avait de réponses. Tout le monde lui disait que personne ne choisit son destin. C’était le destin qui constituait son propre chemin et il fallait simplement le suivre. Qu’allait-il se passer si elle ne voulait pas le suivre ? On lui disait qu’elle finirait tout simplement à la rue. Cette rue où tout est sombre et où tout le monde la regarde comme si elle était en train de mourir, sans l’aider. Ils passaient juste comme si elle avait la peste. Elle avait connu cette époque et elle voulait ne plus jamais en entendre parler ni même y penser, ce qu’elle faisait en ce moment même. Elle plaça ses mains sur son visage, puis fit perler une larme sur sa joue. Elle releva la tête quelques secondes plus tard puis on lui fit signe que la séance venait de se s’achever.

Elle prit ensuite la direction de la loge. Elle enleva cette robe qui lui coupait la respiration et arracha le collier pour le jeter plus loin dans la pièce. Elle se hâta vers son sac puis pris sa jupe noire qu’elle mit en vitesse, enfila son chemiser blanc puis se chaussa de bottes noires lui montant jusqu’au milieu des cuisses, peu en dessous de la jupe façon lycéenne. Elle courut vers la porte de la loge puis ralenti au moment de passer devant tout le personnel du studio, pour ne pas montrer sa joie de partir d’ici. Elle marchait à pas de souris puis elle se précipita ensuite vers la sortie quand elle vit que plus personne ne la regardait mais regardait les photos que le photographe venait de prendre. Il avait l’air content de son travail et ne faisait que répéter qu’il était fière de Ruka et qu’elle était magnifique. Pourquoi tant d’admiration devant une femme qui ne bougeait pas pour se faire prendre en photo ? Enfin c’était l’avis de Ruka. Elle aimait les séances photos mais préférait les défilés.

En sortant du studio elle découvrit que les rues étaient sombres et sans aucun bruit. Mais elle entendait encore les flashs dans sa tête. Ce son désagréable qu’elle souhaiterait ne plus entendre de la soirée. Elle avançait doucement et surement pour prendre son temps. Pendant ce temps là elle sortit une cigarette de son paquet puis la mit à sa bouche. C’était rare quand Ruka fumait. Elle fumait souvent après une séance difficile pour décompresser et souffler un peu. Pendant qu’elle marchait dans cette ruelle avec un poteau électrique tout les dix mètres, elle se demandait ce qu’elle pouvait faire maintenant. Elle avait deux choix : tourner dans la rue suivante et partir se décontracter ou tout simplement continuer tout droit et rentrer chez elle pour se coucher et se ranimer le lendemain dans l’après midi. Le seul problème est qu’avec tout le stress qu’elle avait gardé en elle, Ruka ne pourrait pas dormir avant minimum deux heures, alors elle choisit la deuxième option.

Quand elle arriva au niveau des ruelles, elle tourna puis s’engouffra dans cet endroit sombre et silencieux. Il n’y avait presque personne, à part quelques hommes venant trouver un endroit calme ou voir leur dealer pour venir chercher leur drogue. Elle continuait à marcher doucement jusqu’au moment ou elle passa devant un homme assez grand, les cheveux un peu grisonnant et le regard sévère. Elle ne voulait pas que ça recommence, elle ne voulait pas qu’on la prenne pour une de ses filles qui se laisse faire pendant qu’elles se font agresser. L’homme lui prit le poignet puis la tira un peu vers lui. Celle-ci tira sur son bras puis resta confiante en accélérant un tout petit peu plus le pas. Une voix résonna jusqu'à elle.

« Hey charmante demoiselle arrête toi que l’on parle un peu. Tu es jolie tu sais ? On te l’a déjà dit ? »

Elle n’eut qu’un reflexe, celui de partir en courant et de semer l’homme qui la poursuivait, elle tournait dans plusieurs ruelles sachant qu’elle allait bien se perdre à un moment ou un autre. Pourquoi cela n’arrivait qu’à elle ? Pourquoi ?

Quand elle ne pu plus courir, elle s’arrêta net puis regarda derrière elle. Personne. Elle l’avait semé, enfin. Elle fit volte face puis repris sa route. Elle essayait de retrouver les rues qu’elle avait emprunté mais elle perdait espoir peu à peu jusqu'à ce qu’elle arrive à regagner la rue où elle avait rencontré l’homme qui l’avait approché, mais quelques pas plus loin alors il ne pouvait pas la voir. Elle poussa un cri de soulagement puis continua à s’enfoncer dans les ruelles sombres et désertes.

Quand elle vit tout un regroupement d’hommes elle prit peur. Certains étaient allongés sur le sol dû au fait qu’ils venaient de prendre de l’extasy, d’autres étaient debout en train d’attendre leurs tours. Elle ralentit puis regardait les bâtiments qui entouraient tout le monde. De grandes constructions. Elle ne regardait pas où elle allait ni où elle mettait ses pieds. Elle se mit à foncer quand elle vit, tout au bout de la rue, un petit bar. Ce bar où elle allait souvent pour se détendre et oublier ses problèmes. Elle n’avait pas besoin de se défoncer à l’alcool comme la plupart des personnes qui veulent oublier leurs histoires de couples, de boulot etc… Elle avait juste besoin de s’asseoir, en buvant un verre et de ne plus penser à rien. Elle était toujours en train de courir quand elle rentra dans quelque chose ou quelqu’un. Elle perdit l’équilibre et tomba à genou et se releva vite fait avant de, sans prendre la peine de regarder qui était l’homme qu’elle venait de heurter, s’arrêter net et se placer devant l’homme qu’elle venait de percuter.

- Vous ne pouviez pas faire attention, non ?!

L’homme avait l’air en colère et elle le comprenait parfaitement.

« Oh je suis vraiment désolée monsieur. Excusez-moi, je suis désolée je n’ai pas fait exprès je n’ai pas bien regardé où je marchais »

Quand il l’a regarda, elle resta immobile et ne disait rien. L’homme en question était beau, il avait un regard énervé mais cela coupait la voix de Ruka. Il baissa ensuite la tête puis s’excusa à son tour.

- Je...excusez-moi.

Elle était gênée puis tourna la tête avant de le regarder à nouveau, il avait l’air fatigué et dur. Elle ne savait pas si elle devait avoir peur de lui ou le contraire.

« Non ne vous excusez pas ce n’est pas grave c’est moi qui vous ai bousculé, je comprends votre réaction »

Elle continua de le regarder puis remarqua par terre à coté de lui que du sang venait d’être versé. Il y en avait peu mais il y en avait quand même. Etait-ce à cause d’elle ? Elle s’en voulait et commencait à culpabiliser pour ce qu’elle venait de lui faire. Pourquoi avait-elle courut ? Elle aurait pu simplement prendre son temps pour aller vers le bar elle n’aurait fait de mal à personne.

« Vous êtes blessé ? Je suis vraiment désolée, sincèrement »

Elle ne chercha même plus à se méfier de lui puis s’agenouilla à coté pour trouver la blessure qu’il avait.

« Où êtes vous blessé ? »
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MessageSujet: Re: Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire. (RUKA - ISAAC)   Ven 6 Jan - 22:41




    Vous savez mon père, j'errais un peu, comme ils disaient. Je tournoyais entre les vides du temps, à travers folie et ennui, gentiment. Jusqu'au jour ou je lu dans son regard que je n'étais pas le petit prince qu'il avait désiré. Un microbe incapable, naïf et bizarre. Ce n'était même pas de la déception : j'aurais eu quelques responsabilités à assumer, voilà tout. C'était un regard grave, insistant, le genre de regard que l'on ne peut que se forcer à ignorer, le genre qui vous ligote, vous serre au coeur et vous écrase. Le genre qui vous brise. Ce n'était certainement pas de la colère. Oh combien est douce la colère ! Ce n'était pas ces sentiments beaux et éphèmères, cruels mais propices à l'oubli. Non vous dis-je.

    Ce jour là dans les yeux de mon père, c'était quelque chose proche du dégoût.
    Vous voyez, mon révérend, ce n'était pas la déception, la colère, la rancoeur de ce que je faisais.
    C'était le dégoût de ce que j'étais.



    ______

    « Ou êtes-vous blessé ? »

    Isaac recula brusquement. L'interêt soudain que la jeune femme lui portait le mettait mal à l'aise. D'un bleu fluorescent, sa chevelure serpentine tombait au sol, déroutante à l'image d'une nymphe ou d'une sirène. Ses yeux clairs et tristes étaient chargés d'inquiétude, tout comme les traits de son visage, fins et harmonieux. Son innocence le frappa. Il ne l'était pas. Belle et dérangeante à la fois, son contraire. Elle était floue. Désorienté, il l'a fixa d'un oeil étonné, incertain. Que lui voulait-elle maintenant ? Elle aurait dû lui cracher au visage, pas le materner ! Isaac tenta de se relever, mais fût prit de vertiges. Les jambes lourdes, l'esprit engoudi, il commençait alors à vivre. A se faire vivre. Sentir chaque cellule de son corps renaître, dans un éclatement de tous les sens. Cet incessant paradoxe. Chaque sensation décuplée, chaque parole intensifiée, chaque couleur, mouvement et odeur, chaque ennui aussi. Et ne jamais s'être senti aussi étranger. Comme le coeur s'en va ailleurs dans le rêve, l'âme fuit loin du corps.

    Le jeune homme s'agrippa du mieux qu'il pû à la pierre glacée, alors que le ciel pleurait sur la ville luminescente. De grosses goûtes brûlantes et polluées s'écrasaient sur son visage, tâché de sang maintenant. Si la demoiselle tenta de le soutenir, celui-ci écarta sa main bienveillante.

    - Ca va aller., l'arrêta-t-il d'une voix absente, comme un adieu lointain, égaré.

    Les mais sales et la figure carminée, Isaac devait trouver lieu ou se soigner. Il disparut sur-le-champs, vaguement reconnaissant et d'un sourire difficile.


    ______

    Isaac s'engouffra dans ce qui semblait être un bar ou un cabaret, des maux de coeur le saisissant à nouveau. Il n'y avait jamais mis les pieds. Les flashs le noyaient de leurs lumières avilissantes, comme il cherchait un appui, aveuglé. Sa vue s'altérait et des sortes de ronds agressifs et inattendus lui apparaissaient. Des nébuleuses qui changeaient de forme comme bon leur semblaient. Deux hommes s'avançèrent alors, grands, chevelus, bref : les années 80, de vraies rockstars. Des filles à leurs bras, des cuirs sur les épaules et des tatouages tribaux sur tout le corps. Ils n'avaient pas l'air ravis.

    - Ici, on ne laisse pas entrer n'importe qui, déclara l'un d'eux. Très habile, il faisait jongler un couteau entre ses doigts, un chroma. Il devait avoir la quarentaine, peut être moins. Un américain. Ca sonne comme un vieux film, pensa Isaac, ironique.


    - On te fait rire ?, lâcha le deuxième, le fixant avec mépris.

    - Non bien sûr. Pourrais-je utiliser les toilettes un instant ? S'il vous plaît.

    Le colosse se rapprocha, la lame à la main et le regard d'une cynique arrogrance. Il se ficha devant lui, de manière à l'impressionner. Et cela fonctionnait. Du haut de son mètre 90, l'homme devait avoir plus de deux fois son poids de muscles. Il était bâti comme un catcheur.


    - Tu veux allez au chiottes, c'est ça ? Malheureusement, il n'y a que les personnes très spéciales qui peuvent entrer ici. Tu comprends ?

    Il réfléchit un instant, avant de reprendre son discours de fierté : T'es pas du coin toi, hein ?

    - Toi non plus.

    - Hé. Ne parle pas quand je cause, ok ?, haussa-t-il la voix. ...Tu me dis quelque chose. On ne se serait pas déjà croisé toi et moi ?

    - Vous devez faire erreur.

    - Ta gueule !
    , cria l'autre.

    Indifférent, l'homme s'arrêta et se retourna sans le considérer ne serait-ce qu'un seul instant. Juste un regard stérile, impassible : vide de tout. Un désert d'humanité.

    - Allez, dégage.

    - Ecoutez, j'suis fatigué. Je rentre deux minutes et j'men vais. Dans tous les cas, vous risquez très prochainement d'avoir un cadavre sur les bras, leur montrait-il sa blessure. A vous de voir. Il y a beaucoup de monde ici.

    Bouillants de colère et d'ennui, les deux hommes ne purent dire un mot, comme une jeune femme s'imposait à eux :

    - Indy, c'est comme ça que tu parles à mes amis ?

    - Tu connais ce type ?, interroga la brute.

    - C'est un ami à Dosan. Je ne lui chercherais pas trop d'ennuis si j'étais toi, souria-t-elle en coin.

    Une cow-girl aux bijoux extraordinaires, parée d'une robe noire étoilée, brillante et magnifique.

    - Bon, ok. Va te décrader. Tu sens la mort, le défiat-il une dernière fois.


    Les spots lui giclait leurs feux rougâtres au visage comme une fumée endorphine envahissait l'espace, satellisé de points lumineux. Il s'enfonça dans l'odeur abjecte de ce qui ressemblait à des toilettes, infectes et délabrés. Les miroirs étaient noirs de saleté, comme le sol et les murs, fracassés. Isaac rinça et désinfecta la plaie, bien qu'il ne fut pas sûr de la propreté des serviettes mises à disposition.
    Misérable. Le lieu, et lui, au milieu.

    - C'est pas trois boûts de scotch qu'il te faudrait. C'est 10 points de sutures. Ca va ? Montre-moi., s'approcha-t-elle.

    - Merci., assura-t-il. Merci aussi pour tout à l'heure.

    - De rien. T'as eu de la chance ! Il y a des gars à qui il faut pas se frotter. India n'est pas bien méchant, il écoute les ordres de... Mais tu le sais déjà, j'me trompe ? Ou est-ce que tu le caches, ce flingue ?

    - Les ordres de...?

    Isaac manqua de s'écrouler à nouveau, comme
    font face=] la fièvre d'une douleur étouffante s'emparait de lui. Une douleur du renoncement, une capitulation pour un lâcher-prise total. Il était exténué. Vide, térassé par le mal avide et insatiable qui le rongeait. New Roman]- Oh là... Doucement...!

    - Merci...ça va. Pouvez-vous me laisser seul un instant ?

    Elle s'évapora, visiblement vexée et inquiétée.


    Les yeux rouges, un malaise terrifiant. Tu sens la mort. Des signes, symboles et écritures de toutes formes envahissaient les murs dégradés. Des images et noms inscrits chantonnaient dans sa tête comme des mélodies incatatoires. Des mots d'aujourd'hui, d'avant. C'est amusant. Stan, Aiko, Hira... Tu parles trop fort gamin ! ...Tais-toi !, se repliait-il sur lui-même. La pièce est sombre, j'ai froid. Elles, eux, ceux-là. Tu l'as laissé toute seule ? Arrêtez ! Petite princesse de l'azur... Tais-toi..!, suppliait-il. T'en veux plus ? Regarde-toi... T'es à-cran, a-ccro, à-cran...Vas-t-en !, criait-il horrifié. L'image de son père dans le miroir, encore. Tu ne comprends pas ? J'ai des fantômes plein le crâne. Tu ne me laissera pas ? Toujours, sur le fil du rasoir...

    - La paix !

    Il s'éffrondrait. Le plus dûr était passé.


    ______

     

    Boules à facettes et signaux phosphorescents éblouissaient la mégacité le soir venu, entre cafés et Girls'bars. La nuit gagnait toujours à ce combat. Celui de l'oubli. La jeune femme l'avait attiré à elle, de ses trésors d'audacieuse magicienne. Maintenant, il attendait. Elle avait ce qu'il voulait, de tout son être. Meth n'était que substitution, mais il aurait la paix.

    Il faisait chaud, l'air était presque irrespirable. Un diable riait d'une bouche cisaillée, attentif observateur. Ses ongles partaient comme des ficelles oranges, rouges, jaunes. Il devait porter des lentilles. L'odeur soporiphique de parfums interdits embrumait le hangar, jaûni par les années et le pourri. Un démon suivait son maître à travers une danse d'un genre nouveau, quelque chose de chamanique dans le regard et dans le corps.

    On y passait autant de variété qu'un son universel, transcendant, sulfureux. Elle marchait lascive, ange à l'oeil sombre, sûre d'elle et à la fois démoniaque incertaine. Elle inspirait le rêve, une étrange sécurité. Elle me fit danser un peu. Je crois que je me demandai quel était ce jour ou l'homme m'était devenu étranger. Et les plus lointaines, les femmes. Elle, elle, elles. Je ne me souviens plus. Ai, Cian ou Kelly, elles m'ont habité, je les ai toutes oublié. Jamais je ne les saisissais. Elles ne m'arrêtaient pas non plus.

    Elle flouait les visions de la place alors que quelques impérieux s'y faisaient éjecter, et les autres, cibles quelconques, tombaient de ses pièges. Je ne sais pas si je me trouvais en enfer, mais ça y ressemblait plutôt. La cow-girl s'était mise à comter les histoires d'une émigrée sud-coréenne, un voyage à milles chemins et les méandres de la mégapole. Ses rencontres hasardeuses, la solitude, la nuit. Amère et gonflée de rancoeur, ses mots broyaient l'instant en frustration. Et toi, que racontes-tu ?, se risquait-elle de temps à autre, offrant ses lêvres de paradis. Elle n'insistait pas, elle avait peut être peur. Sa chevelure rousse coulait le long de mes épaules, d'une beauté rare. Mon air d'enfant-poète l'amusait, je crois. Le divan puait la saleté, mais j'y étais bien. Il était tard. Un abruti avait manqué de nous vomir dessus, elle était partie. Et dehors, le froid. Elle m'avait peut être sauvé la vie.

    Elle avait les yeux bleus.

    Isaac resta un moment sur le cramoisi des canapés, entre alcools et cigarettes. Alcools d'Appolinaire. Sa mère le lui lisait autrefois, avant la nuit. C'était une femme extraordinaire, intelligente, elle connaissait tout. Elle aimait passionnément l'écriture et la littérature, française notamment. Cela enchantait Isaac. Toutes les semaines, elle lui commandait des livres tous plus inouïs les uns que les autres ; étranges, complexes, drôles ou romanesques. Une nouvelle, un recueil de poèmes, le roman inédit. Elle le faisait venir de la ville, juste pour son fils. Angelo pensait que c'était du gaspillage, qu' Isaac aurait mieux fait d'apprendre à couper le bois, à courir un 500 mêtres, qu'il aurait été plus utile à travailler à la fabrique. Tes âneries lui retournent la cervelle, disait-il souvent. Des trucs de femme. Mais elle y tenait tellement ! Le jeune homme dévorait ces trésors comme si c'était des sucreries. Tracy en commandait toujours plus, pour compenser les colères du père, peut être. Angelo devenait fou. Il interdit à sa femme d'en acheter davantage. Isaac en piqua un bon nombre à la minuscule bibliothèque du village, puis quand on le punissait, il allait chez le voisin. C'était une chouette époque.

    Il était épuisé, mais rassasié et apaisé. Si sa plaie le tirait toujours un peu, les maux de têtes effroyables, courbatures et tremblements avaient cessés. Il repensa à la jeune femme qu'il avait aperçu au préalable. Ou était-elle maintenant ? Il n'était pas quelqu'un de bien. Elle avait été exemplaire. Digne. Qui sait, ce qui se passait maintenant. Itabashi était tout sauf un quartier sûr. Elle était belle. Trop belle. Il aurait dû rester à ses côtés, s'il pouvait tenir debout ! Il n'était même pas sûr de pouvoir la reconnaître. Son nom lui était inconnu. Il regrettait : il se retrouvait.

    ___


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MessageSujet: Re: Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire. (RUKA - ISAAC)   Dim 22 Jan - 16:55

-Ca va aller.

L’homme avait disparu après avoir dit qu’il allait bien, mais il saignait, ce qui prouvait le contraire à Ruka. Pourquoi n’avait-elle pas eu peur de lui ? Tout les hommes qui les avaient entourés lui faisait peur mais elle ne s’était pas enfuit devant cet homme. Elle était inquiète de penser que c’était surement elle qui l’avait blessé, qui lui avait fait du mal et Ruka commençait à culpabiliser. Pourquoi avait-elle foncé comme ça, alors qu’elle avait pourtant l’habitude de passer dans ces ruelles pour rejoindre le bar et décompresser.

Elle secoua la tête pour se remettre les idées en place et se remit à marcher en prenant la direction du fameux bar. Elle ne faisait pas attention aux hommes qui étaient allongés par terre, comme s’ils étaient morts. Elle pensait au jeune homme qu’elle avait bousculé et qui était parti. Sans dire un mot de plus que « ça va aller ». Il avait sûrement une très bonne raison de partir comme ça et puis comme il était blessé, il fallait qu’il se soigne alors elle comprenait parfaitement. Pendant un moment, elle n’avait pas réussi à décoller son regard du visage de l’homme qui était en face d’elle. Il était si beau, mais il avait l’air si dur, fatigué et seul. Pourquoi trainait-il dans des rues comme celle-ci ?

Quand elle baissa la tête pour regarder où elle marchait, elle remarqua une égratignure sur son genou, rien de mal, elle a du se faire ca en tombant tout à l’heure.
Le bar n’était plus qu’à quelques mètres mais, comparé à d’autre jour, Ruka prenait son temps, histoire de penser un peu plus à l’accident de tout à l’heure. Dans l’état qu’il était tout à l’heure, il l’aurait oublié d’ici le lendemain.

Quand elle arriva devant le bar, Ruka hésita à la dernière minute. Allait-elle pénétrer dans ce lieu rempli d’hommes ivres et de femmes essayant d’oublier une dure soirée ou tout simplement effacer leurs vies difficiles avec quelques verres ? Où allait-elle faire demi-tour et rentrer chez elle ?
Elle n’a pas fait tout ce chemin jusqu’ici pour faire demi-tour ensuite. Elle entra alors dans le bâtiment à petits pas, puis regarda la foule qui se présentait devant elle jusqu'à ce qu’elle entende quelqu’un crier.

- Hey tout le monde, la voilà enfin, notre mannequin est arrivé.

L’homme qui se présenta devant elle esquissa un sourire, qu’elle lui rendit ensuite. Dan, un motard qui venait de l’accueillir, et qu’elle connaissait depuis sa plus tendre enfance. Il venait presque tout les soirs dans ce bar et elle le voyait quand elle venait, quelques fois il était clean et d’autre jours, il ne tenait plus debout. C’était en quelque sorte son grand frère. C’était lui qui avait viré Kei, un ancien ami à Ruka qui, après la rupture de celle-ci avec Kei, avait quelque chose contre elle. A chaque fois que Ruka le croise, il essaye de la frapper ou autre. Et Dan l’avait protégée, comme il continuait de le faire.

- Salut Dan, heureuse de te voir ce soir.
- Ca fait un bail que tu n’es pas venu !

Elle le regarda et baissa ensuite la tête pour lui montrer qu’elle était désolée et Dan ne pouvait pas résister a son petit visage triste.

- J’avais beaucoup de travail, désolé.

Il s’esclaffa et la prit dans ses bras.

- T’inquiète, tu seras toujours la bienvenue.

Elle se détacha de lui puis se recula. Elle ne se sentait pas très bien mais Ruka continuait quand même à sourire, histoire de n’inquiéter personne. Elle savait qu’elle pourrait toujours compter sur Dan mais elle ne voulait pas qu’il s’inquiète pour rien.
Elle prit ensuite la direction d’un siège et commanda quelque chose à boire. Elle resta immobile, son verre à la main, et essaya de ne penser à rien.

- Qu’est ce que tu t’es fait au genou, Ruka.

La voix de Yoake, la copine de Dan, résonna jusqu'à elle. Ruka lui expliqua juste qu’elle était rentré dans un homme et qu’elle était ensuite tombée à genou. Yoake, Dan et d’autres personnes la fixaient sans rien dire. Ruka se demanda alors ce qui se passait ici mais elle ne posa aucune question et retourna à son verre. La porte du bar se mit à claquer et tout le monde, y compris Ruka se retourna. Celle-ci resta bouche bée devant l’homme qui se tenait sous l’encadrement de la porte. L’homme qui l’avait poursuivit un peu plus tôt dans les petites ruelles sombres la regarda, puis fit les gros yeux.

- Rebonjour charmante demoiselle.

Ruka n’eut qu’un seul réflexe, se placer directement derrière Dan. En lui chuchotant à l’oreille qui était l’homme placé devant eux. Dan prit ensuite un regard sévère puis regarda l’homme en question qui, face à lui, était tout petit.

- Sors toute suite du bar !!!!

- Et pourquoi devrais-je t’écouter ?



Dan ne répondit pas, il s’avança et prit l’homme par le col pour ensuite le virer dehors. S'il n’avait pas été là, ça aurait sûrement recommencé. Heureusement qu’il était là.

Ruka restait tranquille en restant immobile quand une main se plaça devant ses yeux. Elle
se retourna et vit Yoake lui tendant une guitare. Elle ne savait pas si elle devait la prendre
ou demander à Yoake pourquoi elle lui tendait une guitare. Puis elle se rappela qu’elle jouait souvent à la guitare en chantant.

- Ca fait longtemps qu’on n’a pas entendu ta voix. S’il te plait !

Elle prit alors la guitare et se plaça. Elle positionna ses longs cheveux de sorte qu’elle ne soit pas dérangée en jouant. Elle se mit alors à jouer quelques notes et au bout d’un petit nombre de mesures, elle commença à poser sa voix sur la mélodie.

No matter how many times that you told me you wanted to leave
No matter how many breaths that you took you still couldn't breath
No matter how many nights that you'd lie wide awake to the sound of a poison rain.

Where did you go?
Where did you go?
Where did you go?

As days go by the nights on fire


On pouvait reconnaitre facilement la chanson “ Hurricane “ de “30 seconds to mars”. Elle était ancrée dans sa chanson et oublia tout de suite la foule qui était autour d’elle et qui l’écoutait.

Tell me would you kill to save for a life
Tell me would you kill to prove you're right
Crash, crash, burn, let it all burn
This hurricane's chasing us all underground


A ce moment précis, sa voix résonna dans tout le bar, on entendait sa voix des toilettes qui étaient au fond du bar, jusque dehors. Personne ne pouvait l’arrêter. Elle continua alors la chanson jusqu’au bout, sous le regard de presque toute les personnes qui étaient dans le bar.
Quand elle s’arrêta, elle reçu des appalaudissement comme la plupart du temps et redonna la guitare à Yoake.

Ruka partit ensuite vers les toilettes pour se rincer un peu le visage. Elle avança la tête baissée, quand elle bouscula à nouveau quelqu’un. Cette fois-ci, elle ne tomba pas et s’excusa à nouveau.

- Je suis vraiment désolée, ce n’est pas ma journée aujourd’hui, vous n’etes pas la seule personne que je bouscule.

Et sans regarder qui était cette personne, elle releva la tête et continua son trajet.


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Isaac Mugen
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MessageSujet: Re: Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire. (RUKA - ISAAC)   Ven 27 Jan - 22:32




    Le désert fertile
    De mon âme s'enlise
    Du vide monotone
    De mes jours qui éguisent
    Le chemin d'un p'tit bonhomme
    Au mal habile


     

    Isaac somnolait. L'effet psychadélique s'était aménuisé, probablement grâce au substitu qu'il avait ingéré. La cow-girl s'était sauvée, non sans laisser de strictes indications à ses idiots de chiens de garde. Si, maintenant, de bonté ils le toléraient, les regards sombres et insistants de ces types le mettaient mal à l'aise. Le bar empestait le tabac, l'odeur brûlante de fumées dévorantes. Isaac aimait ce goût de cigarette, un peu de cramé pour l'amer, un peu d'acide pour le coeur. Mais celui-ci était mauvais, âpre et excessif. De l'air ! Il étouffait.

    C'était presque drôle : un bar miteux, des espaces cloisonnés pour l'intimité, un gonze à cuir, des filles en jupettes affolantes et les yakuzas au comptoir. Grottesque théâtralité, le genre d'atmosphère qui fait les fins de mois. Isaac adorait ces airs de clichés dépassés, ces petits commerces en mal de bienscéances, mais jamais de clients, hormis quelques inspecteurs sanitaires et autres bien-pensants. Ce bar, il lui trouvait une certaine élégance, désabusée, un peu vieillote et gentiment poétique. Les murs et plafonds mordorés étaient couverts d'affiches, peintures et photographies, des idoles, îcones du trépas immortalisés d'honneur et de gloire. De l'ocre, de l'or, la chaleur de l'orient et la froideur d'Itabashi. Un mélange remarquable.

    Un homme au teint enfumé buvait quelques liqueurs fantastiques, les cocktaïls de la maison aux couleurs extraordinaires. Accompagné de deux couples, il était probablement l'initiateur de la partie d'Oicho-Kabu, disputée dans un silence monacal. Il avait le visage de l'indifférence et le regard du serpent, qui attend tranquillement, jusqu'à poser le juste coup. L'ami de gauche, Isaac ne le saisissait que trop bien. Petit, trapu, avachi sur un fauteuil brun-doré, il sentait l'alcool et la torpeur vineuse. Il tentait de cacher sa gêne évidente, Isaac n'y voyait aucune raison. Ici, chacun était tout le monde, mais personne n'était comme tous. Triste, délicieux dans son costume bleu de Prusse, il était la confetti magique de cette mascarade de dûrs à cuirs. Isaac le jugeait très interessant, et à vrai dire il était touché par sa faiblesse ; entre deux sakés, plus saoul que son esprit ne le lui permettait. Simplement stone, requiem pour un escroc.

    Il rêvait, dormait un peu, écrivait des choses, trop de choses, tout. A travers l'euphorie regénératrice, après la dose, le corps se détendait, il revivait. Ses muscles lui semblaient se dérouiller dans une renaissance chaotique et ankylosée, comme s'il eût été une mécanique engourdie par le froid des mondes, brouillée et mal-foutue.

    Il avait évolué, c'était certain. Il gérait beaucoup mieux ces états de transes risqués et aléatoires. Il les écrivait, aussi loin qu'il puisse s'en souvenir, des confessions, un exutoire peut être. Des nuits entières, dans les bars, rues, capsules et hôtels divers. Ses carnets, minces et étroits, des récits de vies, de sa vie, et surtout celles des autres. A l'origine, c'était pas grand chose, une aide tout au plus. Il y avait prit goût, les mots, leur calme et leur paix.



    Itabashi, tard dans la nuit.

    Je crois que c'était le mauvais jour. On a trouvé un autre corps, fourré dans un buisson de lierre et de ronces, autour de la source d'Itabashi Nord. Le troisième depuis dix jours. La moitié de la tête soufflée, frigorifiée par la peur, le bras droit incliné vers le crâne à la manière de Raijin, le Dieu de la foudre. Des éraillures sur les jambes, le sang virait au noir. Ils en ont même parlé aux informations, des « écorchés de la Fontaine ».

    Je rêvais d'être roi, souverain de ces lieux. Mais on m'a devancé. Alors j'invente mes histoires, j'écris la vie. J'écris l'humain, quelques étoiles de temps à autre, et le squelette de la névrose. Ces dures figures ont l'âme que je leur donne, toujours fuyantes, ombres insaisissables. Itabashi en regorge.

    Je m'inquiète de celui qui offre la mort à tous ces gens, comme un protecteur secret. Diable vengeur, le mal heureux inconnu. Le chaman danse avec la nuit. On en parle souvent à la télévision, les hommes en ont peur. Il est là et il n'est plus, il agit sous le manteau, ivre, et pourtant tous le connaissent. On croit le voir, l'entendre, sentir les tors de son esprit diriger son oeuvre, et paf. Evaporé. Il est Bacchus dans son jardin d'illusions, théâtre d'images calmes ou fleurissent les rêves des voyageurs les plus incongrus, et je crois, les plus attendus. Est-il fou comme ils le murmurent ? Le mal existe, car il est mal : il est choix. Prétendre la folie est chose facile : on s'y exclu, on s'anesthésie, on se sécurise. Ils ne savent faire que ça, se rassurer ! L'Autre est étranger, disparate...cinglé ! Ah ah ! Cinglé ! Ils haïssent l'inventeur, mais adorent l'horreur... Peu importe la crise, qu'est-ce qu'on en a après la crise ? On opte plutôt pour le tic-toc toqué ! Le monde est malade, il cherche un héros. Quel qu'il puisse soit.

     

    L'Ecriture a cela d'inutile qu'elle ne dépend pas d'elle-même, mais des regards qui la font vivre. Et voilà.

    Allez, secoue-toi, s'encourageait-il. Le plus dûr est passé. Pris d'une langueur qui défiait tout homme, il s'élança vers le fond du bar, avant que son esprit paresseux ne le lui interdise. Il lui fallait un autre pansement. Si la vue lui était meilleure, la lumière le frappait toujours autant, comme les émanations de tabac, difficiles et agressives. Au passage, quelque chose l'accrocha.

    « Je...vraiment désolée ce...pas ma journée aujourd’hui,...la seule personne que je bouscule... »

    L'absence, puis le vide, immense. Un coma éveillé, quelques secondes. Isaac leva les yeux du sol, avant de comprendre la curiosité ridicule de l'instant. Il venait d'être bousculé à nouveau, aussi la rage ne dura pas. Son visage se figea de surprise :


    - Put...! ..?, se s'arrêta-t-il illico, déconcerté comme jamais. Je crois que ce n'est pas ma journée non plus !, souriait-il maintenant.

    Comme il l'avait rêvée, elle était là, devant lui à présent. La jeune femme de tout à l'heure. Il lui sembla déceler en son visage une once d'inquiétude. Il devait être une ou deux heures, le bar était plus calme. Beaucoup dormaient, noyés d'alcool. Une mélancolie profonde semblait se répandre d'elle, à travers l'obscurité menaçante. Isaac baissa les yeux, elle était blessée.

    - Vous ne devriez pas trop traîner dans les environs, continua-il avec un calme et une bienfaisance qu'il se forçait d'avoir. Il ne voulait pas l'effrayer, quand bien même son visage était piteux et misérable. C'est pas un quartier très recommandable. Attendez..

    Elle lui inspirait confiance, bien qu'il la trouva jeune pour Itabashi. Peut être s'était-elle égarée ? Isaac s'arrêta un instant, quelques vertiges le tirant encore. Accoudé contre un vieux lavabo jaûni de saleté, l'oeil dans le néant, il se tourna de manière à ce qu'elle ne puisse pas le voir, et avala un cachet. Il fouilla dans son sac bleu délavé, avant d'en sortir une petite boîte grise métallisée, ronde et affublé de stickers aux idées punks.

    - Tenez, appliquez-ça sur la plaie, ça va vous soulager. Votre genou.

    Il alla alors mouiller un peu de coton, et le tendit à la jeune femme, tâchant d'agir avec douceur, bien que la tension ne le lâchait pas.

    - J'ai pas grand chose d'autre, malheureusement.

    Isaac resta immobile devant la demoiselle aux cheveux céruléens, et se posa sur une chaise qui trainait là, afin de soigner ses propres blessures. Il se mit à l'opposé de celle-ci, embarrassé et peu sûr de sa tenue. Reine tension inondait la pièce, et c'était tout bonnement logique. Isaac s'évertuait à la sérénité, mais lui-même luttait. La petite boîte lui était tombée des mains, dans un bruit sourd, et d'un regard vers la jeune femme, il s'était tu et l'avait ramassé. Ses maux de têtes quotidiens bourdonnaient comme des esseins d'abeilles, toujours et encore, la même chanson, depuis l'accident. C'était insupportable, mais il s'était habitué. Il se ficha devant un miroir, glacé par son reflet. Les cheveux en guerre, le regard rouge, morne et cerné. Une barbe de trois jours et du sang caillé. Il s'essuya le front à l'aide d'un mouchoir, l'eau gelée le piquait. Finalement, il se grilla une cigarette. Un peu plus ou un peu moins, ça ne servait plus à rien. Et il sentait, au fond de lui, qu'il devait rester à ses côtés.

    - Ca ne vous dérange pas si je...?, montrait-il sa clope.



    Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
    Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
    Jeter l'ancre un seul jour ? Lamartine.


Dernière édition par Isaac Mugen le Dim 18 Mar - 12:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire. (RUKA - ISAAC)   Sam 11 Fév - 19:08

Un sentiment de culpabilité envahissait Ruka, elle ne savait quoi faire à force de bousculer les personnes qui l’entourent. Il faudrait peut-être qu’elle reste assise sur sa chaise à murmurer la chanson qu’elle avait dans la tête, une douce mélodie qui ne voulait pas partir mais si jolie à entendre et à chanter. Pourquoi essayer de la faire partir si elle vous aide à vous changer les idées. Elle se rappelait d’une phrase que lui avait dite son père quand elle était petite : « Même si une musique tourne dans ta tête et que tu ne l’apprécie pas beaucoup, il faut quand même que tu l’écoute car elle signifie quelque chose et elle t’aidera sûrement à avancer. » Et c’est depuis ce jour qu’elle écoutait soigneusement les chansons qu’elle avait dans la tête, en pensant à son père. Elle ne connaissait pas le titre de la chanson qui tournait dans sa tête et qui se répétait, en boucle. Puis, pour une seule fois, elle laissa tomber la chanson quelques minutes puis revint à la réalité. Elle était immobile, face au mur, n’osant pas se retourner pour regarder la personne qu’elle venait de bousculer.

Quand elle posa enfin le regard sur la personne qu’elle venait de bousculer, elle le reconnu. L’homme qu’elle avait heurté tout a l’heure dans la rue.

- Vous ne devriez pas trop traîner dans les environs. Ce n’est pas un quartier très recommandable. Attendez.

Etait-ce de l’inquiétude ou tout simplement une indication pour qu’elle fasse attention. Elle ne le savait pas mais ne se posa pas plus longtemps la question. Elle n’arrivait pas à sortir un mot, en restant immobile à fixer cet homme, au regard si beau. Puis elle décrocha et réussit à sortir une phrase.

- Je sais mais j’aime bien venir un peu ici après le travail.

L’homme qu’elle avait devant elle ne l’effrayait pas. Il n’était pas comme l’homme de tout à l’heure qui l’avait poursuivit. Elle n’avait pas envie de partir en courant en ce moment mais juste de rester là. Puis celui-ci lui tendit du coton humide pour qu’elle l’applique sur sa plaie au genou. C’est vrai qu’elle faisait peur cette plaie. Pas que la plaie d’ailleurs, Ruka devait avoir l’air épuisée. Elle plaça délicatement le morceau de coton puis tourna la tête en direction du jeune homme avant de le fixer, non pas comme une folle mais elle le considéra d’un air hésitant. Elle ne savait pas comment le regarder, il lui disait quelque chose. Qui était cet homme ?

- Merci, c’est gentil.

Elle posa le regard sur sa plaie mais ne montrait pas à son visage que celle-ci lui faisait mal. Comment avait-elle pu se blesser autant avec une seule petite chute sur le genou, elle ne comprenait pas sur le moment puis continua de nettoyer la blessure.
Elle resta tête baissée mais cette fois-ci, elle alla placer sa main dans ses longs cheveux couleur azur comme si elle les coiffait. Elle aimait passer sa main dans sa chevelure et elle le faisait surtout quand elle était gênée ou qu’elle ne savait pas quoi dire ni quoi faire. L’homme venait de s’asseoir et soigna ses blessures. Elle s’en voulait de l’avoir blessé tout a l’heure quand elle l’avait bousculé dans la rue. Elle ne savait pas comment s’excuser et se faire pardonner.

- Ca ne vous dérange pas si je...?

Il lui montra une cigarette. Ruka fit un signe de tête lui montrant que non, ça ne la dérangeait pas. Puis elle esquissa un petit sourire, difficile à voir.
Elle revint sur la question du début, qui était cet homme qu’elle avait l’impression d’avoir déjà vu. Il fallait qu’elle lui demande s’ils s’étaient déjà rencontrés ou croisés. Mais peut être que si c’est le cas, il n’allait peut être pas s’en souvenir. Elle tenta quand même le coup, avec une toute petite voix.

- Excusez-moi mais on ne se serait pas déjà vu ? J’ai l’impression de connaitre votre visage.

Elle était gênée de poser cette question mais il le fallait pour qu’elle soit sûre d’elle.
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Isaac Mugen
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MessageSujet: Re: Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire. (RUKA - ISAAC)   Ven 9 Mar - 19:47



    Alors je l'ai haï. J'ai voulu le frapper, encore, lui cracher au visage toute cette rage qui m'embrasait. L'espace d'un instant, l'asphyxier, lui dire à quel point je le trouvais misérable. Sous ses grands airs, sa ridicule assurance, sa morale à trois franc. Il se croyait fort, supérieur, mais il était faible. Il pensait que ses décorations le rendaient beau et admirable, mais il se trompait. Il croyait que dominer, assujetir et se faire craindre, lui apporterait force et respect. Il ne savait pas pardonner, s'oublier un peu, être différent. Il ne savait faire que ce qui était apprécié, ce qui alliait classe et goûts du temps. Aimer ce qui lui donnerait l'autorité, ce qui, aux yeux des autres, le personnaliserait. Il n'était pas libre. Il était triste. Sans grâce et sans pitié, orgeuilleux, fragile. J'ai eu envie de le frapper, tellement il était faible. Du plus profond de mon coeur et de mon esprit, de cette âme qui transpirait la colère, je l'ai haï. Pourtant, au nom de je-ne-sais quelle patience, crainte ou différence, je n'ai rien fait. J'aurais pu le maîtriser, c'était une affaire de secondes. J'aurais pu l'étrangler, j'aurais pu dire que c'était ce type qui nous avait mis en retard, j'aurais pu le briser comme on écrase une araignée. Je ne voulais pas retourner en isolement. Mes côtes me tiraient déjà, mes pieds me faisaient trop mal. On rentrait de mission, quinze jours d'hivers à marcher dans les marais, le cuir des rangers vous filant des ampoules monstrueuses. Je faisais parti des meilleurs de la section. J'aurais pu le tuer. Mais je n'ai rien fait. Je l'ai détesté, j'ai oublié.


    __


    Isaac ouvrit les yeux. Des flashs abusaient de son esprit, souvent à la vue du sang. Il n'aimait pas ça, le sang. Ca lui rappelait les camps. Sa clope était épuisée, depuis un bon boût de temps sûrement. Elle était froide.
    La jeune femme se tenait encore à ses côtés, désinfectant sa plaie à l'image d'une poupée brisée. Isaac était profondément désolé, il savait combien il pouvait être violent parfois. A travers le manque, il ne contrôlait pas.

    - Je sais, mais j’aime bien venir un peu ici après le travail.

    Le travail ? Que pouvait-elle bien faire à Itabashi ? Serveuse, journalière ? Elle n'avait ni l'allure d'une danseuse, ni celle d'une prostituée. Trop jeune. Enfin, on trouvait de tout à Itabashi. Plutôt grande et mince, elle avait un physique de mannequin, parfait et sans défauts. Sa voix était très douce et agréable, bien qu'un peu craintive. C'était compréhensible. Un type comme lui ne pouvait que faire peur. Piercings, cheveux blancs, chaussures cloutées, cuir et jeans troués, c'était pas une panoplie de politicien respectable. Isaac remarqua qu'il s'inquiétait pour la jeune femme. Lui, d'ordinaire si indifférent, et si proche à la fois de chaque être et de chaque chose. Un peu trop forte, la prise de ce soir-là.


    Sevens Stars à la bouche, Isaac se perdait dans le vide, l'ailleurs. Son reflet dans le miroir lui fichait la trouille. Il aurait voulu le cacher, l'évacuer de sa conscience, loin, ce regard de malheur ! Celui d'un autre, de l'inconnu sur le quai de la gare, un garçon qui regarde les grues manger le ciel de leurs machoires métalliques, un petit soldat de plomb sur l'échiquier du monde.

    - Excusez-moi mais on ne se serait pas déjà vu ? J’ai l’impression de connaitre votre visage.

    Isaac recula, effrayé. Il broya ses fumées cérébrales et sa cigarette sur le sol âpre de la salle de bain, avant de se forcer à tenir un sourire sympathique, qui devait plutôt s'apparenter à une grimace affreuse. La lumière jaunâtre n'arrangeait pas les choses. Qui ? Et surtout, ou ? Hésitant mais déterminé, il s'avança vers l'étrange personne, décidé à éclaicir ce mystère. Elle aussi lui était familière. Un teint de porcelaine, une chevelure démesurée d'un bleu pûr, presque phosphorescent. Peu commun.

    - Je ne crois pas. Peut-être nous sommes-nous déjà croisés dans ce bar ?,tenta-t-il.


    A peine Isaac finissait-il sa phrase qu'il s'arrêta net, le visage criant le malaise. Il s'appuya sur un vieux lavabo, comme il perdait l'équilibre. Etourdissement, douleur, fièvre et colère. Cris.



    __


    - C'est tout ?! C'est tout ce que vous avez à donner ? C'est tout ce que vous avez dans les trippes ? Mugen ! Kimura ! Ici !
    - Oui, mon colonel !, en coeur.
    - Mugen, tu vas me refaire ça proprement ! Kimura sur les épaules !
    - Oui, mon colonel !
    - Un ! Deux ! Trois ! Quatre ! Cinq ! Six ! Sept...

    Janvier 2005, l'hivers était froid. Peu importe la neige, la grêle ou la maladie. Ils devaient transpirer, aller au bout d'eux-mêmes. Jusqu'au bout.

    - Cent-cinquante ! Cent-cinquante et un ! Cent-cinquante deux ! Cent-cinquante trois ! ...
    - Mon colonel !
    - Comment Mugen ? Cent-soixante ! Cent-soixante et un ! Ou as-tu vu qu'on pouvait s'arrêter en chemin ? Kimura, opérationnel ! Cent-soixante quatre ! Tu crois qu'ils s'inquiéteront de tes mollets ? Cent-soixante six ! Cent-soixante sept !


    Huit mois de camp, colonel Endô.

    - Deux-cent dix ! Deux-cent douze ! Deux-cent treize ! ...

    Il s'écroula.

    - Mugen ! Debout Mugen ! Debout ou tu recommence à zero ! Zero !

    Il se dirigeait vers les autres garçons, à la ligne parfaite et la tenue impeccable, bien que ceux-ci venaient de terminer les exercices physiques quotidiens. Séance d'assouplissement des membres supérieurs : des pompes, avec un camarade sur le dos.

    - Qu'est-ce que vous croyez qu'il va se passer si je vous envoie demain, hein ? Ca, dit-il en montrant du doigt Isaac, ça, c'est un exercice de fillettes ! Ecoutez-moi bien ! On se teste, on s'essaie, on s'imagine, mais la vérité est bien réelle, criante ! Et pourtant, si on l'acceptait, on parviendrait peut être à vivre vraiment ! Mais saisir cette vérité, et je parle bien d'acceptation totale messieurs, requiert une force qui va au-delà de toute humanité ! Au-delà de vos vies, de ces monstres mythiques que l'on appelle communément Souffrance et Douleur ! Cette vérité, LA vérité, quelle vérité ? La vérité de vos vies, de vos secrets, cette vérité inconsciente et pourtant réelle ! Vous n'y croyez pas, vous vous en moquez, s'approchait-il de ses élèves. Puis vous nierez, l'âme déjà remplie par le doute ! La désillusion, le désarroi, la colère, le desespoir et peut-être même la folie vous saisiront ! ... Opérationnel, Mugen, Opérationnel !
    ...Finalement, vous comprendrez ! Alors vous choisirez ! Alors vous comprendrez qu'au fond, la vérité s'est toujours imposée ! Comme un point de non-retour... Opérationnel Mugen !

    ...Il n'y a pas de fatalité plus qu'il n'y a de stabilité. Il n'y a pas de lueur au bout du tunnel, il n'y a pas d'espérance assurée ! Sachez, comprenez, ne vous faites pas plus grands et forts que ce que vous n'êtes en réalité ! Ecoutez !

    ...Il n'y a pas de chance, il n'y a que des élus.
    Alors n'ayez pas d'espérance, n'ayez pas d'attentes, n'ayez que le fruit de vos actes en pensée, la responsabilité de vos choix, et la rage contre vos ennemis ! Allez les chercher, courez-leur après ! Et si le miracle se fait attendre, croyez-moi, il arrive. ... Mugen, repos.



    __


    Mal au crâne. Isaac se redressa. Le sang l'indisposait, vraiment. Il devait arrêter : trop de flashs en si peu de jours. Heureusement, ils ne lui volaient l'esprit qu'un instant, quelques secondes qui lui paraissaient durer une éternité. Il devait sortir de cette pièce répugnante et ruinée. Mais ça lui était impossible : il était figé. Epuisée, elle ne semblait pas dans son assiette. Il savait qu'il devait rester à ses côtés. Isaac se retourna vers la jeune femme et la tutoya tout naturellement, sentant bien son agitation. D'un sourire qui se voulait bienveillant, il ajouta :

    - Ce n'est pas de ta faute. Je m'étais fais ça bien avant de te... Rentrer dedans, plaisanta-il. Attends, c'est pas comme ça qu'on fait. Enfin, si tu veux, je peux...

    Et puis mince. Comme sa blessure saignait encore, Isaac s'éxecuta. A l'armée, on vous apprenait à faire un garrot. On vous enseignait des petits trucs comme ça. Au moins, ça avait le mérite d'être utile. Quand on se loupait pas.

    - Tu passe souvent dans le coin ?, essayait-il de détendre l'atmosphère.


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MessageSujet: Re: Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire. (RUKA - ISAAC)   Mar 17 Avr - 13:40

Elle le fixa en attendant la réponse du jeune homme. Son visage ne lui était pas inconnu elle en était presque sur.

- Je ne crois pas. Peut-être nous sommes-nous déjà croisés dans ce bar ?

Elle continua de le regarder sans trop paraitre bizarre d’observer une personne comme ça. Elle n’arrivait toujours pas à trouver qui il était et pourquoi elle n’avait pas peur de lui, il ressemblait presque à toutes ces personnes dehors qui attendent de la drogue. Mais lui, il n’était pas comme les autres, elle n’avait pas peur de s’en approcher. Elle hésita un moment avant de répondre.

- Oui surement ça doit être ça.

Elle resta immobile en regardant son genou, elle continua de passer le coton sur la plaie mais le sang continuait un peu de couler. Sa tête se mit à tourner mais elle ne le montra pas. Elle regarda le jeune homme en face d’elle qui s’appuya sur le lavabo. Elle eu un sursaut et une grande hésitation de s’avancer vers lui et de l’aider à garder l’équilibre mais elle resta à sa place. Puis il lui sourit, c’est à ce moment là qu’elle comprit qu’elle était sur de ne plus avoir peur de cet homme, de ne plus le craindre. Il était beau, encore plus maintenant qu’il lui avait sourit. Elle lui rendit ce sourire avant qu’il ajoute.

- Ce n'est pas de ta faute. Je m'étais fais ça bien avant de te... Rentrer dedans.

Il l’a tutoyait. Il fallait qu’elle fasse de même. Elle baissa la tête en regardant ses mains posées sur son genou. Puis elle tourna la tête vers lui.

- Je m’excuse encore de t’être rentré dedans deux fois de suite, je ne regardais pas devant moi.

Elle s’excusait beaucoup mais c’était nécessaire. On lui disait souvent qu’elle s’excuser trop mais pour elle ce n’était jamais assez. Elle avait eu peur de cet homme dans la rue et quand elle avait aperçu le bar elle n’avait qu’une seule envi c’était de rentrer dans celui-ci et de ne plus voir l’homme qui l’avait suivit et elle avait regardé ses pieds pour ne pas tomber mais manque de chance elle avait percuté cet homme.

- Attends, c'est pas comme ça qu'on fait. Enfin, si tu veux, je peux...

Elle le regarda et le laissa faire. Elle ne savait pas pourquoi le sang continuait de couler alors que ça faisait un moment qu’elle était tombée et qu’elle passait le coton sur sa blessure. Il s’occupa de son genou.

- Merci, avait-elle ajouté d’une si petite voix qu’elle ne savait même pas s’il l’avait entendu

Elle essuya les quelques larmes qui avait perlées sur sa joue. Venaient-elles de la douleur ? Du fait de lui être si reconnaissante ? Ou encore du fait de ne pas s’être assez excusé à son gout ? Elle ne pouvait pas répondre à ces questions.

- Tu passe souvent dans le coin ?

Elle reprit sa voix normal, mais qui restait quand même une petite voix au oreilles des autres.

- Oui je viens quand j’en ai le temps pour me détendre un peu. J’aime bien venir ici.

Elle le regarda et sourit.

- Et toi ? tu viens souvent par ici ?

C’est vrai qu’elle aimait venir par là. Après les shooting photo ou les défilés. Avant de rentrer chez elle dans cet appartement miteux qu’elle essayait de se payer avec ce qu’elle pouvait. Elle préférait passer ses soirées dans le bar plutôt que dans son appartement. Et puis elle aimait l’ambiance qu’il y avait ici, quand elle venait, elle était si bien accueillie. Elle était servit et avait le droit de chanter. Seul endroit ou elle exprimer une de ses deux passions. La chanson qu’elle avait chanté quelques minutes au par avant lui revint alors dans la tête et elle l’a chantonna quelques secondes, juste les premières mesures avant de s’arrêter car elle n’était pas seul. Il était là avec elle.
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MessageSujet: Re: Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire. (RUKA - ISAAC)   

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Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. Apollinaire. (RUKA - ISAAC)
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