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    Nana Osaki vit cachée tel un chat vagabond à Londres, évitant tout contact avec ceux qu'elle a connu par le passé. Cependant de nouvelles révélations sur la mort de Ren pourraient bien tout changer.



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Venez répondre à notre MJ sur le RP Lone & Ardent et faites avancer l'intrigue ! L'étau se resserre de plus en plus autour de nos personnages ! Pourquoi tout ce remue ménage sur la mort de Ren après 6 ans ! Répondez et nous le sauront bientôt !

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 Lone & Ardent

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Valer Daviep

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MessageSujet: Lone & Ardent   Lun 20 Fév - 16:41

[Rappel - Indications générales pour les joueurs :
=> Le rôle du MJ est de vous donner des indications pour que vous puissiez évoluer dans l'univers. Ces indications correspondent à une trame générale. A vous de décider du comportement, des ressentis et des interactions entre les joueurs.
=> Si vous êtes encouragés à interagir entre vous, vous ne pouvez faire parler, déplacer, penser, un joueur absent. Dans des cas exceptionnels (absences...), merci d'en avertir le MJ.
=> Les joueurs ne sont pas omniscients.
=> Si vous souhaitez, pour une raison ou une autre, que votre personnage quitte le RP, merci de prévenir le MJ en privé : on s'arrangera pour créer un contexte plausible sans porter préjudice ni à la trame générale ni aux autres joueurs.]

***

Journal télévisé de Tokyo – 20h17 (heure locale)


Présentatrice : Ren Honjo aurait eu 28 ans demain. Notamment connu pour ses créations dans le groupe Trapnest, Ren Honjo décéda tragiquement d'un accident de la route lors d'une nuit particulièrement froide. Il laisse derrière lui ses compagnons de scène et des fans toujours inconsolables. A notre grande tristesse, nous n'avons pas été en mesure de joindre les membres de ses anciens groupes. Cependant, nous sommes fiers de vous annoncer que Gaïa Records penserait à organiser un événement encore jamais vu !
Présentateur : Pour la suite de notre édition, nous apprenons qu'un enseignant stagiaire d'une école japonaise réputée, Eikichi On...

BBC News – Londres – 05h17 (heure locale)


Présentateur : Pour notre édition du matin « Découvrez les mœurs d'ailleurs », nous nous penchons sur un fait de société tokyoïte ! Figurez-vous que, mais vous le savez peut-être déjà, sera organisé une célébration grandiose en l'honneur d'un artiste ayant bousculé l'industrie musicale et les rock critics : Ren Honjo. Nous, le pays du rock, pouvons trouver ça étonnant alors que notre plus grande icône, notre propre « étoile noire », n'aura sans doute jamais cet honneur. Néanmoins, nous savons également que ce membre des anecdotiques Trapnest, compte ici son lot de fans. A n'en pas douter, nous en entendrons parler à nouveau.
Maintenant, laissons place à la musique, si je puis me permettre, et à notre « poussière d'étoile »...

Ren Honjo était bien mort. Cela faisait déjà presque six ans que le membre des Black Stones et de Trapnest s'était offert une dernière représentation électrique fatale. Pourtant, à l'approche de son anniversaire, les chaînes de télévision nationales s'en donnaient  cœur joie. Que dis-je ? Les chaînes de télévision nationales, donc, mais aussi les radios, la presse écrite. Même Philippe Manœuvre y alla de son petit édito. Si chacun préférait mettre en avant plutôt tel ou tel facette de Ren ou de son œuvre -mais que ne ferait-on pas pour provoquer l'attention- il est indéniable qu'il jouissait d'un écho considérable.
Or, qui dit star de la musique, un soupçon de souffre, une dose de groupies, impliquent les réseaux sociaux ! Le web aussi s'était emparé de cet événement. Même sur Weibo, pourtant peu réputé pour son ouverture, on voyait fleurir une quantité d'événements invitant les fans de Black Stones et de Trapnest à venir à Tokyo en pèlerinage et commémorer la disparition de celui qui inspira de nombreux musiciens en herbe. Même si, sur les quelques milliers d'inscrits, tous ne viendront pas, il y a fort à parier que les fans souhaiteront vagabonder dans les lieux jadis fréquentés par les membres du groupe dans l'espoir à peine voiler de les y croiser.

L'Événement approchant à toute vitesse, il est temps de se préparer. Certains londoniens seront peut-être emballés par l'organisation d'un retour à Tokyo ; certains autochtones auront aussi peut-être besoin de se préparer pour faire face à cette déferlante à venir.
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Takumi Ichinose

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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Lun 20 Fév - 19:39

    Légèrement excédé par cet raffut médiatique, Takumi éteignit la télévision et reposa la télécommande.

    *Ça recommence. Même six ans après ils sont pas foutus de lui foutre la paix. Et je fais quoi moi si Reira voit ça au JT ?*

    Il pouvait toujours se servir de ce prétexte pour aller rendre une visite à Nana, après tout il n'était pas retourné à Tokyo depuis un moment. Ren serait très certainement content de voir sa mère et sa sœur après tout. Cependant il n'était pas tout à fait fan de l'idée. Les paparazzis seraient très certainement à l’affût et il se doutait bien que la presse risquait d'en profiter pour rouvrir de vieilles plaies qui n'étaient fermées ni pour lui ni pour les autres.
    Machinalement il se dirigea vers la chambre de son fils, afin de lui annoncer la nouvelle.

    - Ren ? Prépares ta valise, on va sur Tokyo. Je préviens maman. Choisis une guitare à emmener, l'ampli t'en as déjà un là-bas. On voyage léger. Je ne pense pas qu'on va y rester très longtemps.

    Puis il se dirigea automatiquement vers sa propre chambre. Quelques costumes, de la paperasse de base à prendre, des sous vêtements. Il passerait prendre un cadeau pour Nana et Satsuki dans les shops de l'aéroport. Il n'était jamais venu les mains vides et ce genre de petite attention leur faisait toujours plaisir. Après tout ce temps il était toujours étonné par Nana. Il avait pu lui faire les pires choses, mais ces quelques attentions avaient toujours suffit à lui faire oublier à quel point il pouvait la négliger. Ce n'était pas non plus sa faute, c'était son tempérement, elle le savait après tout quand elle s'était mise avec lui. Et c'était finalement lui qu'elle avait choisit, pas Nobu.
    Une fois terminée, il déposa sa valise devant la porte puis retourna voir Ren.

    - C'est bon tu as tout pris ? Alors j'appelle un taxi. On prend le premier vol. N'oublies pas de prendre ce qu'il faut pour t'occuper dans l'avion.

    Même s'il avait pu espérer de meilleures circonstances pour aller voir sa femme et sa fille, il était tout de même content. Même si beaucoup le considéraient comme un monstre sans cœur, il tenait tout de même énormément aux deux. Certains soir, quand il se demandait pourquoi elle était restée avec lui, c'est cette idée qui le réconfortait. L'idée que Nana avait sû voir ça en lui.
    Après un rapide coup de fil à la compagnie de taxis, il se rendit au rez de chaussé avec son fils et monta dans le taxi qui n'avait pas tardé.

    - Alors, tu es content d'aller voir maman ? Avant de prendre l'avion on passera leur prendre quelque chose, ça te va ? Tu pourras choisir ce que tu veux.

    À peine arrivé à l'aéroport il se dirigea vers les guichés, bondés de monde.

    -Des places en première classe pour deux personnes: un adulte et un enfant. Le premier vol s'il vous plait.


    Il n'avait jamais aimé ce genre de formalités. L'attente, la paperasse et autres formalités. Pourtant il s'en était toujours acquitté. Il fallait bien que quelqu'un le fasse. Suivit de près par Ren, il se mit à arpenter les magasins de l'aéroport. Il prit une paire de boucles d'oreilles et un carrousel en boit pour Satsuki, Ren lui avait choisit une peluche et une petite statuette porte bonheur pour sa mère. Le côté superstitieux de Nana n'avait pas échappé à leur fils apparemment. Apparemment il essayait de la protéger de ce fameux roi des démons dont elle parlait tout le temps.
    Tout ce remue-ménage était-il de sa faute, au roi des démons ? Nana dirait sûrement que oui. Pourquoi remuer tout ça maintenant ? Alors que Reira se remettait enfin. Ça ne pouvait-être que ça.
    Voilà que lui aussi devenait superstitieux, il ne manquait plus que ça. Mais tout de même, quel était l’intérêt ? Qu'est ce que ça leur rapportait ? Rebooster momentanément les ventes de Trapnest ? Après tout les labels cherchaient toujours tout pour faire du fric, ainsi va le monde.
    L'heure du départ approchait, en se rendant vers le pont d'embarquement il sorti son téléphone. Cinq sonneries puis le répondeur.

    - Reira ? C'est Takumi. Je ne sais pas si tu as vu les informations ce matin... Quoi qu'il en soit je vais à Tokyo avec Ren, si tu veux venir saches que tu ne seras pas toute seule... Tiens moi au courant, on embarque dans 10 minutes.


    Il reporta son attention sur son fils, en essayant de paraître aussi détendu que possible, malgré les circonstances de leur départ.

    - Alors prêt ? J'espère que tu as pris plusieurs choses pour t'occuper, le voyage va être long.

    Tout en embarquant, il se demandait si les autres seraient aussi au rendez-vous ; Naoki, Yasu, Shin et même Nobu. Quelle triste réunion ça allait être...
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Risa Asano
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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Lun 20 Fév - 21:40


    C'est en rentrant du travail qu'elle avait vu la grosse information. Enfin grosse information, surtout pour Mai en fait.

    À l'accoutumée, elle avait jeté son sac dans un coin de son appartement en arrivant puis déchaussé ses escarpins pour eux aussi les balancer dans un coin. Puis elle avait démarré la télé, c'était affalée dans un de ses canapés et avait allumé sa cigarette en se lobotomisant devant les premiers journaux du matin.

    C'était étrange, cette façon dont la vie avait repris son court après tout ce qu'elle avait vécu. Son "commerce" était florissant, se cantonner à l'escort lui allait très bien, son appart était mieux qu'avant, mieux agencé, plus grand... Sa séparation avec Sôdai, si on pouvait appeler ça une "séparation", se passait ... Enfin elle se passait. Le problème était qu'elle avait toujours un truc dans le ventre et qu'elle ne savait pas vraiment quoi en faire.
    C'est la tête perdue dans ce genre de préoccupations très personnelles qu'elle entendit le nom de Ren Honjô. Pourquoi parlait on d'un guitariste mort depuis au moins 6 ans. Elle tendit une oreille plus attentive aux propos du présentateur. Une "célébration grandiose" ?

    Risa soupira et écrasa sa cigarette dans le cendrier. À n'en pas douter Mai se jetterait sur l'occasion. Elle qui cherchait tant la fameuse Nana, elle aurait très vite dans l'espoir de la croiser là bas. Après tout on parlait de la mort de son fiancé. Elle entendait déjà la voix surexcitée de Mai dans ses oreilles. Un flot ininterrompu de paroles sur son idole et sur les tragiques événements qui avaient amené les deux groupes les plus en vogue de l'époque à se séparer sans préavis. Puis elle évoquerait sans doute la vie tragique de Ren, telle une encyclopédie, pour dire à quel point c'était un mec bien et un excellent musicien, et comme il n'avait pas mérité tout ce qui lui était arrivé.
    Risa savait très bien, d'expérience, que mériter ou pas ce qui nous arrive, on s'en fiche pas mal. Ça vous arrive et c'est tout. La vie est injuste. Oui , et alors ? Ce n'était pas un scoop. Elle était bien placée pour le savoir. Et oui parfois elle s'acharnait tout particulièrement sur certaines personnes plutôt que sur d'autres. À toi d'avoir le courage pour l'affronter et lui rendre coup pour coup.

    Risa était une fille assez dure, elle ne l'avait pas choisi, au contraire à l'époque elle était plutôt douce et avait dû mal à encaisser. Mais à force on s'endurcit. Ce n'était pas pour autant qu'elle n'aimait pas sincèrement Mai. Ce n'était pas tant leurs professions et leurs origines nippones qui les avait rapproché. Non. Dans ce sombre quotidien qui était le leur, Mai apportait une touche de fraîcheur à la jeune femme. Sa ferveur, sa passion, ses préoccupations étaient tellement loin de celles de Risa qu'elle lui changeait les idées mieux que quiconque. Et puis elle aussi à l'époque, en bonne adolescente japonaise, elle avait suivi la monté de ces groupes, avec une préférence non dissimulée pour Blast, il faut bien l'avouer. Elle appréciait donc ses discussions avec elle, sauf quand cette dernière se transformait en une encyclopédie 15748562 volumes sur Nana et tout ce qui la touchait, là ce pouvait être un peu plus pénible. Mais ça arrivait relativement rarement finalement. Et puis c'était elle qui avait accueilli Mai à l'aéroport ce jour là. C'était aussi elle qui avait "formé" la jeune femme de cinq ans son aînée.

    C'est donc naturellement qu'elle se leva de son canapé pour se diriger d'un pas lourd vers son ordinateur. Avec tout l'argent qu'elle avait, elle pouvait offrir ça à son amie. Elle se connecta donc sur le site de la Japan Airlines pour réserver deux billets aller-retour, Londres – Tokyo, pour la modique somme de 2809 £. Par personne. Sans les frais supplémentaires.

    *La vache ! Je comprends pourquoi je n'y suis pas retournée depuis ! Ça aurait fait cher pour revoir des visages par forcément amicaux. Si après ça on me dit que je ne tiens pas à l'amitié de cette fille franchement... *


    Les questions d'argent étaient un réel problème pour Risa, mais tout de même. Une fois les billets réservés pour le vol du lendemain matin. Elle envoya un texto à Mai.

    *Oui je sais. J'anticipe. Prépares ta valise on part demain, sur le vol de 6h15 heure locale. On y sera un peu avant comme ça. Tu n'as donc pas à t'inquiéter du prix. C'est des billets A/R. Sois juste prête pour 5h du mat' histoire d'avoir le temps d'arriver et de faire enregistrer les bagages. On prendra des fleurs une fois arrivées pour déposer sur le lieu de son accident si ça te tente.*

    Une fois sa bonne action du mois faite, elle éteignit son PC et fila prendre son traditionnel bain.
    C'était donc décidé, après tout ce temps elle retournait enfin là bas. Et avec une brioche dans le four qui plus est. Elle était partie de Tokyo avec des emmerdes et voilà qu'elle y retournait mais avec des emmerdes d'un nouveau genre. Pour positiver, peut-être qu'elle recroiserait Shin là bas, après tout il devait connaître Ren, il serait sûrement la commémoration. C'était très étrange de dire qu'elle le reverrait après autant de temps, surtout après avoir suivi ses "conseils", son point de vu.

    - Bon et bien quand il faut y aller, il faut y aller ...

_________________

Ça n'a jamais été passionel, ni fusionnel... C'était juste des mots et des soupirs partagés au vol durant un court instant de plaisir inavoué. Rien d'autre.

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Shin'ichi Okazaki

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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Mar 21 Fév - 0:25

Dix jours, voilà dix jours qu’il n’avait pas touché les cordes de sa basse. Aussi loin qu’il s’en souvienne même dans les pires moments de son existence il n’était jamais resté plus de deux jours sans jouer.
Qu’on se le dise, le départ de Kimiko, forçant la formation à prendre du recul, une pause, un mur, appelez ça comme vous voulez, n’y était pas étranger. Il s’agissait de la pierre de trop qui fait s’écrouler une tour bancale et sans fondation.

Replaçons-nous dans le contexte, trois mois s’étaient écoulés depuis l’arrivée du groupe à Londres.
Le premier fut consacré à la promotion et à des petites nuit animées dans des bars-spectacles de la capitale.  L’information s’était répandue comme une trainée de poudre, deux anciens membres de Blast réduits à des représentations dignes d’adolescents face à un public perplexe, ça avait fini par arriver aux oreilles d’anciens fans. L’ironie, c’est que c’est justement la page qu’il tentait de tourner qui lui servait de tremplin. Le second mois avait été parsemés de concerts indépendants plus conséquents, dans des petites salles. La machine se mettait en marche et commençait à être bien huilée. Un rouage se brisa à l’aube du troisième mois. Silence radio. Isaac avait tout simplement disparu. Nobu avait tenté de le contacter sans relâche, en vain.. En y réfléchissant bien, quelques temps après les premières auditions, c’est Shin qui avait sauvé celui qui allait devenir le second guitariste de Radamanthys, d’un ravalement de façade signé par d’innombrables phalanges.
Il avait le don pour se mettre dans le pétrin, peut-être était-il mort à l’heure qu’il est, la gueule en sang dans une ruelle, une hémorragie interne causée par des lattes dans le bide ou une overdose ayant eu raison de lui. Qui sait ? Du moins, c’est la seule excuse que le jeune homme aurait toléré.

Encore un échec, arriverait-il à mener une quelconque entreprise à bien dans sa vie ? Finirait-il par s’extirper de ce supplice existentiel ? Affalé dans son fauteuil, il ricanait, même un nœud coulant aurait cédé sous le poids du pathos qu’il transpirait.
Ce fauteuil, voilà une semaine qu’il n’en avait pas bougé si ce n’est pour se rendre chez son fournisseur et s’enfermer dans sa piaule pour se shooter à un cocktail à base d’antidépresseurs et de vin. Il était tombé bien bas, vivre caché sous son propre toit, pour éviter que son colocataire vienne lui prendre la tête à ce propos. Il s’abrutissait le cerveau à coups de médicaments, d’alcool et de télé-réalité, c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour tenir le coup.

Lorsqu’il disait à Kimiko qu’il avait peur de se bruler les ailes, il n’était pas si loin de la réalité. Ce qu’il n’imaginait pas, c’est que la couche de cire qui recouvrait ses deux omoplates serait si fine. L’autre…. Puis l’une. Il se retrouvait aptère dans une descente aux enfers interminable.

Son verre était vide… et la pub venait de démarrer.
Il s’empara de la télécommande et se mit à zapper, des infos partout, rien de bien intéressant.
Même sur MTV on tombait pile au mauvais horaire, il aurait préféré tomber sur la vie simple de l’héritière Hilton. Une rubrique musicale aux faux airs informatifs était diffusée...
D’un œil distrait, son attention fut piquée lorsque le nom de Ren fut évoqué. Jusqu’où ces bouseux de Gaia iraient-ils pour faire du chiffre ? Le dégout se faisait sentir. Il tenta changer de chaine pour oublier ce qu’il venait de voir, mais apparemment tous les canaux s’étaient passé le mot.
Sans un mot il se leva en direction du frigo, son verre était vide..

_________________


記憶は優しすぎて残酷
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Nobuo Terashima

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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Mer 22 Fév - 3:31



    - Young man, no eat more if plate not clean ! 你必须完成你的盘子 !  No eat more please !

    - Ok ok ça va j'ai compris ! Baaotusieeeen !


    Le cœur lourd, le « jeune homme » reposa la pince dans le plat de nouilles caramélisées au porc chop suey et traîna ses creepers léopard jusqu'à une banquette au fond du petit restaurant chinois, en en faisant crisser sciemment les semelles sous le regard acéré d'un petit bout de femme au cerveau sans aucun doute frit sous sa peau aussi flasque et jaunasse qu'un ravioli vapeur. Bon, ok ça n'avait rien de subtil d'insulter les serveuses casse-pieds en pensée à grand renfort de personnifications culinaires, mais d'abord depuis quand on n'avait plus le droit de se resservir avant d'avoir tout fini? Il y était pour quelque chose lui si les cuisses de grenouille au gingembre mariné c'était pas vraiment un délice, pour rester poli? Il n'avait même pas fait exprès d'en prendre d'abord, ça ressemblait vraiment à du poulet ! Il leva les yeux à la recherche d'un regard ami mais en face de lui, l'espèce de déesse au visage long et translucide qui étalait sa moue moqueuse sur le calendrier n'avait pas l'air d'avoir envie de compatir à ses malheurs.

    Saletés de chinois tortionnaires qui le laissaient crever de faim sans une once de pitié ! Enfin tant que Ravioli-san ne le jetait pas dehors, il avait une bonne excuse pour ne pas pousser la porte de la colloc avant plusieurs heures. Il ne comptait plus les jours passés à mettre la plus grande distance possible entre lui et le spectre de Shin qui hantait désormais les murs du petit appartement qu'ils partageaient depuis la venue du groupe dans la capitale britannique. Manger, végéter, se farcir de médicaments puis végéter encore tout en niant éperdument que le « groupe », si tant est qu'on pouvait en former un avec deux musiciens et un clown psychopathe trop occupé à terroriser le studio pour se concentrer sur une fichue partition, n'était qu'un indicible fiasco. Depuis le départ de Kimiko, il avait la désagréable impression d'être le dernier vestige d'une époque où tout le monde ou presque était encore saint d'esprit. Il ne pouvait pas en vouloir à la timide artiste encore trop peu sûre d'elle, aisément déstabilisée par les tensions ayant émergé progressivement dans la bande. Elle était bien plus utile et en sécurité au chevet de son père, qu'ici à jouer les garde-aliénés. A ce stade, Nobu devait bien connaître par cœur la carte de tous les fast foods bio et autres cantines chinoises purulentes qui contaminaient les rues de Camden. Impossible de cuisiner chez eux, avec la sensation glaçante du regard creux de son colocataire zombifié fouillant ses entrailles dès qu'il avait le dos tourné !... Si au moins il avait pu emporter sa Gibson adorée lors de sa fuite, mais il avait été surpris tôt ce matin par son compagnon d'infortune, et une oeillade sépulcrale l'avait dissuadé de passer la journée dehors, à pincer ses cordes sur les bancs et les trottoirs jusqu'à ce que le froid ait raison de ses idées claires. Shin avait décidé de rejeter la musique, les hommes, tout et le monde entier, et pour le moment le blondinet était vraiment trop fatigué pour faire autre chose qu'obtempérer lâchement. Chapeau pour l'originalité.


    Les premières notes de « God Save the Queen » crèvent tout à coup la symphonie des bruits de mastication sur fond de musique zen lobotomisante. Tous les regards fondent sur lui, il panique et bataille valeureusement avec les poches de son perfecto de cuir noir, où est-ce que j'ai mis ce foutu portable, allez, tu vas la fermer oui ! Et un appel ignoré,un ! « Le Patron »... Il ne manquait plus que son père se joigne aux réjouissances, décidément. Il allait devoir trouver une explication plus que satisfaisante pour expliquer son rejet de l'appel paternel mais franchement, là, tout de suite, les problèmes de l'auberge Terashima c'était bien la dernière chose dont il avait envie de parler. Quand il avait quitté le Japon, gonflé d'espoir et d'illusions alors que l'aventure Rhadamantys commençait à peine, il avait assuré que c'était juste temporaire, un mois tout au plus ! Le succès de leur fils appartenait définitivement au passé pour le clan Terashima, et s'ils avaient été finalement fiers qu'il s'entête à poursuivre ses rêves jadis, le temps était venu de grandir. Grandir, ou encore accepter enfin la gérance du ryokan, avec ses promesses d'une vie idyllique rythmée par la danse endiablée de la paperasse administrative, à flirter avec tous ces adorables clients toujours contentés mais jamais rassasiés, qu'est-ce qu'il avait hâte de grandir ! Grandir, et acquérir le courage nécessaire pour décevoir ses parents. Grandir, et pouvoir clouer le bec à une Asami hystérique dont il n'avait plus la patience de pardonner la possessivité démente : « Ben non, je n'ai rien à dire, ou plutôt si, aucune femme ne comptera jamais plus que ma musique ! » Il se surprit à ricaner à l'idée de la tête qu'elle ferait, on verrait bien qui était « la poule mouillée qui comate à l'idée de s'engager »! Mais son sourire s'efface presque aussitôt. Il n'est qu'un gamin, un con de gamin prêt à en découdre avec tous les adultes teigneux de la Terre, gavés de leur propre frustration, du haut de ses vingt ans ardents. Grandir, ce serait déjà rentrer tout de suite, jeter Shin sous une douche froide le temps qu'il entende que c'en était fini de Londres et de ses paillettes chimériques, et puis claquer la porte derrière lui, direction l'aéroport ! Ahahah. Tu parles d'un délire.

    Un désagréable sentiment de déjà-vu l'arracha à ses songes de bravoure. Le disque de musique zen qui recommençait : c'était l'heure de s'avouer vaincu face à cette maudite cuisse de grenouille et d'aller écumer les bars et galeries photo de la ville à la recherche du parfait petit disparu. Profession : ex-protégé à la voix d'or du Sir Okazaki avant de devenir un traître mémorable. Don particulier : le camouflage sans aucun doute. C'était comme si pas un habitant de cette ville n'avait croisé le fugitif pendant les dernières semaines, aucune réservation de chambre d'hôtel au nom de Mugen, pas une âme perdue mitraillée par l'objectif envoûtant d'un mystérieux photographe tatoué. Et peut-être mort à l'heure qu'il est, sa grande carcasse de fauteur de troubles pourrissant au soleil sur les docks. Alors que son champ de vision l'informait que Ravioli-san revenait à la charge, il imaginait bien Shin, dans son état de décomposition avancée, se changer tout à fait en tas de cendres coupées de poudre anti-dépressive à la nouvelle. S'il se plaisait à ruminer ses idées noires en ce moment, il avait été rayonnant en leader de groupe il y a quelques mois, formant avec une passion et une sincérité émouvante les nouveaux membres, s'acharnant à les remotiver après les premiers obstacles, les premiers doutes, sans jamais laisser transparaître ses propres craintes. Nobu en était sûr, lui aussi il avait pour leurs graines de stars une affection toute brute, inavouable. Il se dressa d'un coup, tendant son assiette pleine à la serveuse avec un sourire qui se voulait charmant:


    - Un véritable régal mes compliments au chef, d'ailleurs ce serait pas une japonaise, une punkette vraiment très jolie et aussi très casse-pieds, qui chante comme une déesse et transforme le moindre plat en champ de bataille nucléaire ?

    - We not take cheques.

    - Ouais je me disais aussi que c'était pas si salé. Non mais laisse tomber Rabat-joie - san. 

    - Gné?

    - Shiéshié, Shiéshié



    * * *


    Ses longs doigts trop maigres se posèrent sur la poignée de la porte entrée. Inspire... Tu jettes juste un coup d’œil pour vérifier qu'il n'a pas fait une overdose de Prozac avant de te lancer pour la pénultième fois aux trousses de l'autre déserteur. Expire... Pas un mot plus haut que l'autre, pas de regard inquiet déplacé. Il t'a déjà fait comprendre assez clairement que tu n'avais pas à te mêler de ses affaires. Laisse-toi marcher sur les pieds et ne réplique pas, comme tu sais si bien le faire...


    - C'est moi j'ai oublié une bricole je te dérangerai que deux minutes !


    Pas de fantôme aux cheveux délavés à l'horizon, merci l'accueil... Est-ce qu'il l'a seulement entendu entrer ? Ou plutôt le petit prince des drogués ne daigne-t-il plus saluer sa présence ? Pourtant à la vue des cachets éparpillés sur les ruines de leur gloire avortée, des pages arrachées à des numéros de Kerrang !, au Black Velvet de mois dernier, consacrant des encarts aux « Nouveaux poètes underground », les pilules bicolores roulant, lasses, sous la table basse, Nobu sent son estomac se serrer. De pitié, et tant mieux si ça ne plaît pas à Shin. De reproches aussi, parce que jusque dans les plus mauvais choix lui, il arbore ce même air désinvolte, suintant de maturité qui ne permet aucun mais. Parce que lui au moins, il sait faire des choix. Peu importe, la partie de cache-cache a assez duré. Je vais lui confisquer toutes ces saloperies, qu'il essaye de m'arrêter pour voir ! Ragaillardi par sa nouvelle mission, le blondinet s'empare des diaboliques comprimés, et de un, deux,hop trois, et... hein ? Un concert hommage pour Ren ? C'est une blague ? Il ravale les larmes qui ne manquaient jamais de monter dès qu'il repensait à son ami et modèle, disparu à jamais. Comment ces monstres pouvaient-ils osaient ternir sa mémoire en faisant du chiffre, des années après l'avoir tué à petit feu?! Ren doit être en train de se fendre la poire dans sa tombe à l'heure qu'il est, aucun fan digne de ce nom ne se pointera à une hérésie pareill... A moins que !
    Des bruits de pas tout proches tout à coup le font sursauter, il cogne son pied contre le pied de la table basse et c'est une pluie de cachets verts et blancs qui s'abat sur un Shin à l'expression indéchiffrable. Il ne se risquerait pas à parier que c'est bon signe.


    - C'est... c'est pas du tout ce que tu crois !... Shin on doit absolument rentrer au Japon, tout de suite!



    Quoi, c'était quand même pas aussi simple que ça ?!

_________________
"La seule chose qui me fait kiffer dans la vie, c’est de jouer de la guitare. Surtout sur tes chansons… "

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Dernière édition par Nobuo Terashima le Lun 27 Fév - 20:27, édité 1 fois
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Nana Komatsu

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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Mer 22 Fév - 20:57

{Shirogane, Appartement de la famille Komatsu-Ichinose}

Deux fronts différents que Nana se devait de gérer en même temps : la cuisine et les devoirs de sa fille. L’idée d’ouvrir la cuisine sur le séjour avait décidément été plus que judicieuse, totalement nécessaire et elle ne regrettait pas les quelques travaux encore récent. Sourire aux lèvres et penchée au-dessus de sa cocotte-minute en inox dernier cris, elle hume gentiment le fumet délicat qui s’élève jusqu’à elle. Elle se redresse finalement et remue son plat en agrémentant celui-ci de quelques épices pour relever le goût. Ultra-concentrée, elle fixe la mixture chauffer comme si sa vie en dépendant, comme si une catastrophe allait se produire à la moindre rupture visuelle.

▬ Maman, je comprends pas cette partie. Viens m’aider, s’il te plait.

Elle pivote alors la tête pour jeter un œil à sa fille, installée sur la table du salon avec son cahier en train de faire ces leçons. Un petit soupire s’échappe déjà de ces lèvres, même si elle a réussi à aller pas mal loin dans ces études, Hachi a toujours eu la sensation qu’il s’agissait du hasard, d’une chance et non pas de ces capacités. Parce qu’elle a de plus en plus de mal à aider sa petite Satsuki a résoudre ces devoirs. Pas dans toutes les matières évidemment car même si elle estime ne pas être très douée, Nana n’est pas complètement stupide non plus. Parfois moi-même, elle se replonge dans des livres d’apprentissages pour se construire des bases plus solides et pouvoir suivre l’évolution de sa petite.
La mère de famille rejoint donc la table pour aider sa petite, déposant sa paume contre la chevelure de la belle enfant, elle lui caresse gentiment en lisant l’énoncé de façon méticuleuse dans l’espoir de réussir à le comprendre dès la première lecture. Mais bien rapidement, elle relève les yeux en réalisant soudainement que la télévision est allumée. Hors, la règle numéro étant de travailler sans aucune distraction alentour. Avec un air faussement sévère, la voix d’Hachi s’élève déjà alors :

▬ Satsu, qu’est-ce qu’on avait dit au sujet de la télé pendant tes devoirs ? Eteins-moi ça toute suite. Tu pourras rallumer quand tu auras terminé.

Avec un soupire blasé, la petite descend déjà de sa chaise pour rejoindre la table basse et se saisir de la télécommande. Mais c’est à ce moment précis que le JT fait son apparition, avec une édition spécial au sujet de Ren. Les yeux de Nana s’écarquillent alors à moitié alors que l’image se coupe en même temps que le son. Avait-elle rêvé à l’instant ou non ?

▬ Vite, rallumes !

Quelques mots avaient suffit à remettre toutes les résolutions de Nana en question. Mais sa demande n’a pas le résultat escompté puisque Satsuki se retourne alors avec un petit sourire narquois sur les lèvres en répétant les mots de sa mère :

▬ Qu’est-ce qu’on avait dit au sujet de la télé pendant mes devoirs ?

La tête penchée avec un sourire stupide, Hachi s’empresse de rejoindre sa fille et de la couvrir de chatouille en guise de vengeance à ce léger affront. Certains penseraient que la petite fait preuve d’insolence, mais pas Nana, parce qu’elle et sa fille sont très complices et adorent se taquiner l’une l’autre, alors forcément, elle n’avait pas vue sa réponse d’un mauvais œil. Bien au contraire. Ce petit moment familial avec sa fille lui permettait de remettre un moment le voile d’illusion sur cette satanée télévision et sur le message que le roi des démons essayait de lui envoyer. Elle n’était pas dupe et se serait mentir de l’entendre dire qu’elle n’a pas conscience que la date fatidique et tragique est de nouveau là…Mais finalement, avec le recul, elle se dit que Satsuki a eu raison de ne pas rallumer l’écran, autant préserver son enfant de ce tapage médiatique. Le moment aurait pu être bien plus grave mais la présence de la fillette permettait la légèreté et de repousser l’instant. La cocotte-minute se met alors à siffler violemment et les deux femmes éclatent de rire, autant dire que Hachi
Après une bonne heure, les devoirs sont terminés et le repas également et la femme au foyer s’occupe du couché de sa chère et tendre petite. Une petite histoire racontée, une dernière étreinte et un baiser sur son front de poupée avant de la bordée et la laisser se reposer. Mais même si la journée est finie pour la petite, ça n’est pas le cas de cette charmante maman puisque celle-ci retourne finalement devant la petite lucarne pour constater des dégâts télévisés. La tristesse et la douleur. Deux sentiments que Nana n’avait plus éprouvé depuis quelques temps. Mais tous les ans, c’était la même chose à l’arrivée de cette date si particulière, les médias s’emparaient de tout ça, remuaient tout, jusqu’à en tirer leur beurre. Un soupire la traverse alors que déjà une expression triste déforme ces traits. Son téléphone entre les doigts, elle s’attend parfaitement à l’appel de son époux. C’est malheureux de pensée ainsi, mais cet événement, bien qu’affreux, va peut-être lui permettre de revoir Takumi et Ren, et ça pour une mère, ça prime forcément sur le reste. La sonnerie de son portable ne tarde pas à sonner...

***

Le lendemain matin, Hachi s’est levée pas mal tôt. Elle n’a que très peu dormie. Partagée entre la peine de ce jour commémoratif à la mémoire de Ren Honjô, en tant que fan mais avant tout comme amie, parce qu’elle le considérait comme tel. Mais aussi avec l’excitation de revoir son mari, son fils et peut-être même d’autres êtres chers. Malgré tout, toute sa matinée est déjà réglée comme du papier à musique : nettoyer tout le logis, préparer des plats divers et variés pour célébrer la venue du reste de sa famille qu’elle n’a pas vue depuis si longtemps et s’occuper de sa fille. Un programme pas mal chargé, d’autant que la fillette est une vraie pile électrique depuis qu’elle a appris que son père arriverait bientôt. La petite sautille partout en demandant sans cesse « Quand est-ce qu’ils arrivent ? Tu crois qu’il m’a acheté quelque chose ? ». Nana en est venue à se demander si sa fille attendait vraiment son père ou bien un cadeau et en cela, elle se reconnait en elle. Enfin lorsqu’elle était plus jeune. De son côté, elle s’accommode de cette vie-là, le voir rarement lui déplait, c’est vrai, mais elle ne veut l’obliger à rien. Elle se sent reconnaissante envers lui qu’il l’ait épousé et qu’il ait reconnu les enfants comme étant les siens, qu’il fournisse tout ce dont ils ont besoin. Alors forcément, elle ne quémandera pas qu’il revienne auprès d’elle. D’ailleurs, elle n’en parle jamais. Cette petite visite sera certainement de courte durée, mais elle en profitera pour le retrouver. De profiter. Mais il est peu probable qu’ils aient vraiment du temps, et ça la mine déjà pas mal.
De toute la journée, la télévision n’a pas été rallumée, parce que rien n’a changé depuis la veille. Les même sujets, les même mots, les même images et photos. Une horreur absolue. Et au fond d’elle, Hachi espérait sincèrement que ces amis et Nana surtout, ne voient pas ça. Mais c’est très peu probable à cause de la renommée autant de Trapnest que de Ren… A de nombreuses reprises, elle eut alors une pensée en direction de chacun de ces amis, un soutient télépathique qu’elle aurait aimé pouvoir transmettre aussi facilement que ça.
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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Ven 24 Fév - 21:19

La journée était finie au cabinet, mais moi je continuais à trier des papiers importants ainsi que le travail sur d'autres affaires. La télévision tournait sur la chaîne nationale en guise d'accompagnement de bruits sonores mais aussi pour écouter des informations en cas de changement ou d'ajout de lois expresses afin de me tenir à jour. Miu n'était pas à la maison ce soir, elle était occupée à des répétitions pour un autre rôle, cette fois, celle d'une mentaliste. Bien évidemment, sa faculté à percer les gens à jour fut un grand avantage pour l'obtention de ce rôle et c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Au moins, elle a arrêté de se tailler les veines, elle est assez attachante quand on y pense. La télévision passait diverses informations habituelles, à savoir les conflits mondiaux, des sommets mondiaux avec les plus grandes entreprises multinationales, l'indice Nikkei 225 quotidien qui devait intéresser les principaux investisseurs, et les actualités people.

C'est au moment de cette rubrique qu'une musique bien particulière s'est lancée. J'ai instantanément reconnu à la fois la voix et le bassiste de ce groupe désormais éteint. Ma tête s'était relevé d'elle-même et mon stylo s'arrêta, écoutant alors cette mélodie qui me provoqua un pincement au coeur. Pendant que la musique continuait, le journaliste annonça les news, à savoir la commémoration des six ans de la mort de Ren. Six ans déjà, ce n'est pas tant que ça dans une vie, mais je l'ai connu depuis toujours, c'était un véritable frère pour moi, je voulais qu'il soit heureux dans sa vie, c'est pour ça que je lui ai toujours laissé ce qu'il voulait en grande partie, y compris Nana. Joignant mes mains, je restais pensif.

-Ren, est-ce que tu as été heureux jusqu'au bout malgré tes choix? Est-ce que j'ai été un bon frère pour toi?

Pensais-je avec mélancolie en levant légèrement les yeux. En tout cas, sa musique a rendu des milliers voire des millions de personnes heureuses et, pour certains, leur a donné une raison d'être. Pas étonnant qu'encore maintenant, des gens se rappellent de lui et continuent à le vénérer. Mais si c'est vraiment pour Ren que certaines personnes veulent retourner à Tokyo afin d'y faire un pèlerinage, les fans de première date sauront qu'il faut aller à la ville d'origine de Blast, là ou tout a commencé. En tout cas, les commémorations envers lui sont légions et cela risquait de créer quelques perturbations, si des fans se rassemblent en masse à certains endroits. Je devais en avoir le cœur net et qui sait, revoir quelques têtes connues. Il faut dire que cela fait bien longtemps que je n'avais pas repris contact avec les anciens membres de Blast ni même de Trapnest, sans compter Hachi et les autres. J'ai totalement perdu la trace de certains d'entre eux et les revoir ne me ferait pas de mal. Je pense que j'essayerai de me rendre à des lieux précis le lendemain, afin de voir si certaines personnes reviendraient, mais il faut que je reste discret, les fans doivent certainement se douter que des membres de Blast ou Trapnest viendront, ou du moins espérons les croiser.

Remettant mes lunettes en place, j'éteignis la télévision, j'en avais déjà assez entendu et il était temps que je termine mon travail. Une fois que Miu sera rentrée, je lui expliquerai la situation afin de lui dire que je rentrerais plus tard le lendemain afin de revoir la bande. Bien entendu, je lui tendrais au courant de mes positions, et je l'inviterai à venir s'il reste de la place dans son emploi du temps. Je doute qu'elle soit contre l'idée de revoir des gens du groupe. Il ne manquerait plus que Nana, je sais qu'elle se cache quelque part à Londres mais ... osera-t-elle venir? Est-elle en sécurité et arrive-t-elle à gérer sa vie... Je dois la laisser faire, si elle n'a pas osé me retrouver depuis la disparition de Ren, c'est qu'elle s'en sort mais si seulement je savais ce qu'elle devenait ... si mes mots pourraient la faire revenir à défaut de ne pas réussir à la sauver. En entendant Miu arriver, je la pris dans mes bras afin de l'enlacer et de l'embrasser, lui rapportant la nouvelle. Elle fut assez surprise bien que ça fait 6 années de suite que l'on commémore sa mort. C'est l'engouement persistant après tout ce temps qui l'a surprise mais elle n'était pas contre l'idée de me rendre à certains endroits cultes par le passage du défunt bassiste. Malheureusement, elle ne pourra venir car elle est encore très prise par ce rôle. Cependant, elle m'a conseillé d'y aller sans mes lunettes noires et mes piercings aux oreilles. Je n'ai pas le droit de les porter durant mon travail, mais personne ne m'a vu sans ces accessoires, par conséquent, seuls les proches me reconnaîtront au premier coup d’œil. Ceci-dit, je ne porterais pas de perruques, je frôlerai sans aucun doutes le ridicule, ce qui est hors de question. Après quelques instants, Miu et moi nous dirigions vers notre lit, afin de planifier la journée de demain et de rester dans notre cercle intime afin de se confier mutuellement le ressenti général de notre journée de travail, en se disant que demain risquait d'être un jour très spécial.
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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Ven 24 Fév - 22:18

Nous étions déjà au mois de Mars. Ça allait faire 6 ans jour pour jour que l'évènement qui avait changé la vie de tous, moi comprise, était arrivé. J'y pensais beaucoup, car en plus d'être un drame, c'était aussi le jour de l'anniversaire de Mlle Nana... Aujourd'hui, je n'avais pas de travail prévu, j'en avais donc profité pour faire le tour des hôtels du centre-ville, pour retrouver sa trace. Mais comme à l'accoutumée, je n'avais rien trouvé. Londres était vaste, j'étais loin d'en avoir fait le tour. J'avais donc encore l'espoir de la trouver, j'étais sûre qu'elle s'était cachée ici. C'était une simple question de patience !

Il était aux environs de 17h lorsque je décidai finalement de rentrer chez moi pour coucher sur papier le résultat de mes recherches. J'inscrivais jour par jour mes investigations, les lieux visités, les résultats obtenus, pour être sûre de ne pas perdre de temps et de ne rien oublier. Cela faisait 4 ans que je la cherchais activement sur Londres. Il m'avait fallu un certain temps pour apprivoiser la capitale britannique, pour m'accoutumer à la langue et réussir à me faire comprendre. Maintenant je me débrouillais plutôt bien, mais mes recherches n'avançaient pas beaucoup. Loin d'être découragée, je fournissais encore plus d'efforts. Il était hors de question que j'abandonne. Je devais revoir Mlle Nana, j'en avais besoin. Elle devait connaître les sentiments qu'elle avait fait naitre dans mon cœur.

Une fois arrivée dans mon appartement, je me déchaussai de mes bottes noires brillantes à plateau surélevé de 5cm et accrochai ma veste Vivienne Westwood fétiche au porte-manteau dans l'entrée, avant de me diriger vers le salon. Machinalement, j'allumai la TV et allai chercher mon calepin de recherches dans ma chambre. Je commençai à noter le parcours que j'avais effectué aujourd'hui, quand mon attention fut interpellée par le présentateur TV.

Un événement exceptionnel pour célébrer les 6 ans de la mort de Ren Honjo, guitariste du célèbre groupe Trapnest… je me levai d'un bond du canapé, faisant tomber au passage mon calepin et mon stylo. Est-ce que Mlle Nana avait vu les informations ? J’en étais sûre ! Mais que pensait-elle de tout ça ? Elle devait se sentir tellement seule et triste… comment faisait-elle face à cette date tous les ans ? En pensant au désarroi de Nana le jour de la veillée funèbre, mon coeur se serra et les larmes me montèrent aux yeux. Ne pouvaient-ils pas laisser Ren reposer en paix ? Tout ça pour relancer leur business, sur le dos d'un mort, c'était une stratégie lamentable. Mlle Nana allait sans doute se rendre à Tokyo en souvenir de Ren. Elle allait avoir besoin de soutien, je ne pouvais pas la laisser seule dans un tel moment ! C'était décidé, j’allais me rendre à Tokyo, je la retrouverai sans doute là-bas !

D'un pas vif, je me dirigeai dans ma chambre, prête à réserver mes billets pour Tokyo depuis mon ordinateur portable. J’étais en train de consulter le site de la Japan Airlines lorsque le refrain de “Lucy” résonna. C'était la sonnerie de texto de mon BlackBerry. Je me levai de ma chaise de bureau et allai récupérer mon téléphone sur la table basse du salon. C’était un message de Risa. Elle me connaissait bien, sans doute avait-elle vu les informations. Elle savait que je connaissais Ren Honjo, sans doute voulait-elle me montrer son soutien.

*Oui je sais. J'anticipe. Prépares ta valise on part demain, sur le vol de 6h15 heure locale. On y sera un peu avant comme ça. Tu n'as donc pas à t'inquiéter du prix. C'est des billets A/R. Sois juste prête pour 5h du mat' histoire d'avoir le temps d'arriver et de faire enregistrer les bagages. On prendra des fleurs une fois arrivées pour déposer sur le lieu de son accident si ça te tente.*

Risa avait déjà réservé des billets A/R pour nous deux pour le Japon. Mes yeux brillaient d’excitation et d’émotion, c’était vraiment une chic fille, je lui devais beaucoup. Pourquoi ne l’avais-je pas contacté de moi-même au lieu de me précipiter sur mon pc ? C’était un cadeau énorme qu’elle me faisait, je jure de faire tout ce qu'elle voulait en dédommagement !

*Oh mon dieu Risa, c’est tellement gentil de ta part, je ne pourrais jamais assez te remercier ! Je jure de te rembourser ! Je suis tellement impatiente, Mlle Nana y sera certainement, tu te rends compte ? Nous allons rendre hommage à ce pauvre Ren, c'est tellement triste qu’il soit mort si jeune, c'est si injuste… et en même temps on va revoir la grande Nana Osaki, j’en suis toute émue ! J'ai tellement hâte d'être à demain !*

Je tapai sur “envoyer”... Et je me rendis compte trop tard qu'on aurait dit une vraie fangirl hystérique dans mon message. Bon… de toute façon Risa était habituée. Je fonçai faire ma valise, quelques vêtements de rechange, un nécessaire de toilette et 2/3 bricoles. Désormais, le temps me semblait terriblement long tellement j’étais excitée et en même temps assaillie par l'émotion, la nostalgie…

~~~~~

5h du matin, heure de Londres. J’étais enfin arrivée à l’aéroport, comme convenu avec Risa. La nuit avait été longue, j’avais eu tellement de mal à m’endormir ! Je n'avais pas arrêté de penser au jour de la veillée funèbre, à la tristesse de tous mes amis, à l'air perdu de Mlle Nana... Maintenant que j'étais à l'aérogare, je cherchais Risa dans le hall. Je pensai soudainement que ce devait être la première fois depuis bien longtemps qu’elle retournait au Japon elle-aussi. Ça devait lui faire un drôle d’effet mine de rien. Oh, elle était là-bas !

”_ Risa ! Merci beaucoup, c'est tellement génial, je te jure, je te rembourserai ! Tu es un ange tombé du ciel qui va me guider jusqu'à Mlle Nana !”

Dis-je toute excitée en lui sautant au cou. Puis je la lâchai, me rendant compte que j'étais peut-être un peu trop excessive, là. À la longue, elle allait finir par me trouver vraiment pénible !

”_ Oups, je suis désolée ! Alors euh… tu… c'est la première fois que tu retournes au Japon depuis longtemps toi-aussi ?”

M’excusai-je en me grattant l’arrière de la tête. J’avais hâte de décoller, malgré les tristes circonstances, car Tokyo nourrissait l'espoir de voir les choses s'améliorer et la vie reprendre son cours...
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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Lun 27 Fév - 20:08

J'étais enfermée en studio de répétition depuis des heures déjà. Ce rôle, peu commun et assez hors norme puisque frôlant le surnaturel dans un monde tout ce qu'il y a de plus réaliste, était vraiment très intéressant et je ne regrettais pas de l'avoir accepté. Au fur et à mesure que je découvrais le scénario de ce film, je découvrais les différentes facettes de mon personnage, une mentaliste aigrie et abimée par la vie. Elle était fascinante de par sa profondeur et la façon dont le réalisateur avait su faire de ce personnage un être auquel on ne pouvait pas rester indifférent. Soit on l'aimait, soit on le détestait. J'apprenais mon rôle et répétais inlassablement mon texte, pour trouver les bonnes intonations, les bonnes expressions. C'est alors que mon attention fut détournée par un nom qui ne m'était pas inconnu.

"Tu as entendu la nouvelle, Juzo ? Demain, ils organisent un concert hommage pour le guitariste de Trapnest !"

"Sérieux, encore cette année ? ça fait 6 ans, y'a toujours des gens que ça intéresse ? Ils feraient bien de dépenser leur argent pour d'autres choses !"


Même si les deux techniciens ne m'avaient pas remarqué, je les fusillai d'un regard mauvais. La mort de Ren avait affecté bien plus de personnes que ne le pensaient ces deux idiots. Certes, j'étais étonnée qu'au bout de 6 ans, les fans soient toujours au rendez-vous. Mais je devais donner raison sur un point aux deux techniciens du studio : cette commémoration n'était qu'une vaste supercherie organisée par les maisons de disques de Blast et Trapnest pour continuer à engranger de l'argent, quitte à se servir du nom d'un mort à outrance. Il était déplacé de faire une commémoration à Tokyo plutôt que dans la ville natale des deux groupes. Tous mes proches avaient été affecté par ce drame. Nana avait disparu suite à cela, Yasu s'en était voulu de ne pas avoir pu la sauver... Malgré tout, bien que nous portions tous en nous cette blessure, la vie avait repris son cours. J'avais fini par emménager avec Yasu dans le 8ème arrondissement de Tokyo une fois qu'il avait pu acquérir un appartement. Il croulait sous les dossiers judiciaires, il était un avocat très respecté et reconnu.
Cependant, quand bien même je trouvais cela de mauvais goût de se servir du nom de Ren pour relancer le business de Gaia et Cookie Music, j'aurais bien voulu m'y rendre, mais j'avais encore des répétitions demain. Yasu, Nana Komatsu et les autres iraient sans doute, en hommage à Ren. Peut-être que Nana avait eu vent de la nouvelle de là où elle était, mais je doutais qu'elle vienne se mêler à la foule alors qu'elle cherchait à se cacher.

Lorsque la journée fut enfin finie, je m'empressai de rentrer à l'appartement. Yasu avait passé la journée ici à plancher sur ses dossiers. Comme à son habitude, il vint m'accueillir en m'enlaçant et m'embrassant. Il me rapporta alors la nouvelle.


"Oui, j'ai entendu ça au studio. C'est tout de même étonnant cet engouement après 6 ans. Les maisons de disques ne s'en lasseront jamais. J'aurais bien aimé y aller, je suis sûre que Hachi y sera, sans doute Shin et Nobu aussi. Malheureusement, je dois encore retourner en studio demain."

Je lui conseillai alors d'enlever ses piercings et ses lunettes, pour passer plus inaperçu et éviter de se faire reconnaitre par des fans. Après avoir pris quelque en-cas rapide, nous nous dirigeâmes vers le lit. Nous discutâmes de la journée de demain, de nos emplois du temps. Puis mon portable sonna. Je finis par y répondre en constatant que c'était un appel. Lorsque j'eus raccroché, j'annonçai à Yasu :

"Au final, ils annulent la journée de répétitions de demain. Il y aura trop de bazar en ville pour que certains acteurs puissent venir. Je suis donc libre. Tu veux bien que je t'accompagne ? On reverra sans doute pas mal de monde. Si on peut, il faudra retourner dans votre ville un de ces jours, qu'on puisse rendre un vrai hommage à Ren, tu ne crois pas ?"

Je savais à quel point Ren était important pour Yasu. Ils avaient fréquenté le même orphelinat, ils avaient grandi ensemble. Le défunt guitariste avait été comme un frère pour lui. Il me tenait à cœur de lui montrer que je le comprenais et que j'étais là pour le soutenir. Je n'étais pas du genre à lui dire à voix haute que j'étais là pour le soutenir, etc. mais il savait qu'il pouvait compter sur moi. Nous ne nous épanchions pas sur les sentiments, mais nous savions d'instinct tout ce qu'on ne se disait pas. Quelque part, cela me gênerait de devoir exprimer mes sentiments, j'aurais alors l'impression de me laisser emporter alors que ce n'était pas dans mes habitudes.

Quoi qu'il en soit, la journée de demain promettait d'apporter son lot de surprises.
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Shin'ichi Okazaki

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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Mar 28 Fév - 22:50

I might still be Alive… It’s out of my control.

Son graal impie rempli d’un nectar brunâtre aux vapeurs acides, le garçon s’apprêtait à retourner végéter sur son marbre molletonné encore tiède. Son dessein d’une envergure relative fut tranché à vif par l’arrivée de son colocataire. Ces derniers temps le moindre son s’échappant de sa gorge lui donnait des céphalées improbables. Bien que le bassiste tentait de ne pas laisser paraître son agacement constant, conscient qu’il était le seul responsable de ce qui se tramait dans sa tête, jusqu’à un niveau physiologique. Il apparaissait évident que la tension qui chiffonnait son visage, contenant son agacement, devait ponctuellement trahir son agacement. Il le regrettait.
Le flavescent justifiait sa présence dans son propre appartement, son abus de déférence incarnait tout ce qu’il y a de plus irritant. Peu à peu il le perdait lui aussi.
Il forçait à fuir, à passer ses jours à trainer à l’extérieur, il l’avait remarqué, mais il ne pouvait rien y changer. Comme l’épicentre d’une série d’abandons, le problème venait forcément de lui. La rancœur le rongeait, mais était-elle justifiée ? N’était-il pas finalement la cause de son mal-être actuel ?


J’avoue ne plus savoir à quoi je sers, sans doute à rien du tout.


Peu à peu tout s’effaçait : volonté, amour, bonheur, succès, et il se rendait compte qu'avec le temps les liens qui le laient à Nobu s’effilaient. Continuer sur cette piste revenait à ériger, brique par brique un mausolée en hommage au concept dit de Philia. Cela dit, son état mental actuel ne lui permettrait pas de confiner bien longtemps le Juggernaut qu’incarnait sa rage la plus profonde.
Il hurlait à plein poumon en son for intérieur mais il ne parvenait à exprimer qu’un silence pesant. Celui-là même qui poussait son comparse à s’évader.
Errant comme une goule au sein de la pénombre de l’appartement, sa trajectoire vint croiser celle du guitariste. Que faisait-il ?
Un bruit de fracas le fit sourciller, il venait de percuter un meuble, penchant le temps de retrouver son équilibre, le flavescent laissa échapper son larcin et aussitôt un déluge de comprimés bien familiers vint picoter l’épiderme du jeune homme. Piqué dans son intimité, Shin se sentit à la fois agacé mais aussi soulagé de voir un Nobu un peu plus entreprenant.


- Ça va ? Si tu tenais à faire le service t’aurai pu faire gaffe… T’es en train d’éparpiller le souvenir d’une lady défraichie de Picadilly un peu partout.


Se baissant pour ramasser les clés de son Xanadu mental, l’antichambre endiguant son mal-être, la seconde partie de l’intervention de son comparse retentit dans son esprit. Son âme suintait d’une matière aussi sombre et visqueuse que son cœur en pleine déliquescence, et il en était réduit à compter ses doses afin d’éviter de se répandre tout entier sur le sol. Serrant les dents, impuissant face à l’emprise de ces concentrés chimiques, il se sentait comme un chien qu’on traine par le biais d’une laisse trop courte rampant devant les ordres de son maitre.


Mais mon Dieu, de quoi j’ai l’air ? Je sers à rien du tout.

Retourner au Japon ? Pour quoi faire ?  Invoquer le passé et se vautrer dans la mélancolie ? Très peu pour lui. Il avait déjà donné. Il avait pleuré Ren pendant de nombreuses années et il lui arrivait encore de penser à lui le cœur serré. Nul besoin d’une commémoration de pacotille pour raviver la douleur. A chaque retour de cette date anniversaire le jeune homme entamait une courte descente aux enfers seulement, cette fois-ci cela durait depuis bien plus longtemps et feu le guitariste n’en était même pas le responsable. Nobu semblait prendre les évènements au premier degré, il espérait sans doute retrouver les débris de leur ancien giron.  Sur qui comptait-il ? Yasu ? C’était le plus susceptible de se rendre à cet évènement mais il n’imaginait pas les autres s’y rendre si ce n’est Hachi mais il aurait été malvenu pour lui de la revoir.
C’est vrai, il l’avait oublié, les deux garçons avaient un long passé commun. Au final c’était lui la pièce rapportée. Le greffon dont le rejet fut brutal et rapide. Celui qui avait tout foutu en l’air. Il ne pouvait imaginer les sentiments de Nobu, qui avait vécu tant d’années aux côtés des autres membres de ce que fut Blast, il n’avait jamais été particulièrement empathique.

Soupirant en se relevant, les yeux gonflés fermés encore trop humides de son propre désarroi pour croiser le regard de son colocataire, Shin prit la direction de ses quartiers en lui lançant.


- Vas y si tu veux, mais ça sera sans moi. Tu devrais arrêter de courir après ceux qui n’auront de cesse de t’abandonner… Et laisse tomber pour Isaac… Si tu crois que j’ai pas remarqué…

_________________


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Valer Daviep

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MessageSujet: Sur la route   Ven 3 Mar - 20:24




Une semaine s'était écoulée depuis le grand battage médiatique lié à l'anniversaire de Ren. Ils étaient déjà nombreux à grouiller au Japon, chacun menant son pèlerinage comme bon lui semblait. Il y avait ceux qui s'étaient engagés dans ce grand voyage avec une démarche toute religieuse, quasi mystique même ; d'autres avaient surtout saisi l'occasion pour fuir quelques problèmes avant de ne devoir les régler réellement. Il ne fallait pas oublier les groupies de tout genre et autres rapaces prêts à tout pour tirer un minimum -ou plutôt un maximum- de profits.
Quelque soit la raison de leur réponse à l'appel de la commémoration, ces vagues de voyageurs ou de locaux avaient bien un sens : même mort, le destin de Ren continuait de soulever de nombreuses questions, certaines explicitement liées à sa disparition ; d'autres relatives à l'environnement direct du musicien. Pendant les jours précédant les différentes célébrations et festivités, qu'elles soient prévues par le label comme organisées par des tiers, trois grands groupes semblaient déjà se dessiner :


  • D'abord, nous trouvions ceux qui se dirigeaient vers le fameux virage du drame. Il faut bien l'avouer, même par une météo capricieuse, Ren avait réalisé une petite prouesse. Par ailleurs, le décor n'avait rien de très attirant ou propice à une dernière note. Ceux-ci recherchaient un indice, espérant qu'observer le lieu de l'accident allait les aider à reconstituer les événements. Qu'est-ce que Ren pouvait bien ressentir ? Qu'est-ce qui lui est, au sens figuratif, passé par la tête ? Qu'est-ce qui a bien pu se passer pour en arriver là ?
  • Ensuite, parmi les plus citadins ou ceux que le fourmillement de Tokyo rassurait, on recherchait le cadre de vie de Ren. Presque comme une caricature faisant du vieil adage « Sex, drugs and rock&roll » une philosophie de vie, nous pouvions croiser un subtil mélange de ce qui constitue la vie alternative : filles ou garçons de réconfort, là un peu de drogue, ici des substance un peu meilleure, de quoi s'abreuver...avec bien sûr la possibilité de conjuguer tout cela à la fois, en compagnie de gens fréquentables et des autres.
  • Enfin, il y avait bien sûr ceux, certes présents, mais comme là par hasard. La horde des suiveurs, se montrant et se cachant comme lorsqu'on est mû par une force contradictoire entre curiosité et timidité, entre un ego affirmé et une honte latente.


[Note du MJ : Pour indiquer une scène passée, utilisez le code *Flashback*. N'oubliez pas que vous ne pouvez faire agir et que vous ne pouvez penser qu'à l'échelle de votre personnage. Par exemple, seul Ren peut savoir ce qu'il a pensé ou vécu ; en revanche, vous pouvez décrire ce que vous faisiez, si vous aviez peur de quelque chose...]
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Nobuo Terashima

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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Mar 7 Mar - 21:19




    - Ça va ? Si tu tenais à faire le service t’aurais pu faire gaffe… T’es en train d’éparpiller le souvenir d’une lady défraîchie de Picadilly un peu partout.


    Nobu se releva de manière aussi gracieuse et non affectée que possible, c'est-à-dire en manquant retomber dans les bras du tapis décidément chaud bouillant, avec un craquement d'os misérable en prime. Il eut à peine le temps de poser une main sur l'épaule de Shin avant qu'il ne soit englouti par le noir qui avait élu domicile dans sa chambre, c'était quand déjà la dernière fois qu'il avait ouvert les rideaux ?


    - Je vois qu'on reprend les bonnes habitudes... , lâcha l'acrobate malhabile en libérant un soupir exténué, à peine écœuré.


    Il voulait l'engueuler sec mais rien ne lui venait à l'esprit d'assez cinglant et solide sans être injustement blessant. Et puis Shin était majeur maintenant, et libre de sombrer dans n'importe quelle vésanie s'il en avait envie. Merde, il était vraiment incapable de trouver quoi dire dans ce genre de situation... Ça avait toujours été le rôle de Nana de passer le benjamin de la bande à tabac quand il jouait à flirter avec les limites plus ou moins insolemment, plus ou moins inconsciemment, quand ses divagations idiosyncratiques en venaient à menacer la subsistance de tous les membres du groupe. Bien que vivant à ses côtés, Nobu n'avait rien remarqué de son idylle secrète avec Reira, il était bien trop occupé à jouer les jaloux devant Gimpei pour avoir lui aussi droit au privilège de roupiller dans le van pendant leurs heures de pause.  S'il avait su !... Mais non, il était toujours le dernier à savoir, le dernier à comprendre, si proche et pourtant si affreusement loin de tous, loin de tout, à veiller sur ce caprice de Lucifer-feu follet, toujours ami, jamais saisi, et maintenant hors d'atteinte, digéré chaque jour un peu plus dans un Tartare dont les simples mortels n'avaient pas les clefs, les gens trop mordus de leur petite existence insignifiante pour que leurs ténèbres se décident à les grignoter, les gens si ordinairement fins et inconsistants et sans charisme, oui, les gens médiocres, les gens comme lui. Nana lui manquait tellement. Il tenta une approche prudemment bienveillante.


    - Écoute je comprends que tu n'es pas d'humeur, on traverse une période difficile mais il y a des chances pour que les autres se rendent à cet événement. Tu ne veux pas revoir Hachi, et Yasu ? Et puis... hésita-t-il, mais les mots s'échappèrent en murmure de ses lèvres presque closes sur un lourd chagrin, et puis imagine que Nana vienne...


    Son silence marqua la surprise, il avait vraiment dit ça à voix haute ? Le bassiste devait le prendre pour un gamin stupide, à toujours croire au Père Noël... Qu'importe. Les yeux du gamin se durcirent, plissés en franges noisette :


    - Je ne veux rater ça pour rien au monde.


    Mais son spectre de coloc avait depuis longtemps craché sur les chimères rouges et blanches de Coca-Cola.


    - Vas-y si tu veux, mais ça sera sans moi. Tu devrais arrêter de courir après ceux qui n’auront de cesse de t’abandonner… Et laisse tomber pour Isaac… Si tu crois que j’ai pas remarqué… 


    Il savait qu'il n'était pas un héros, et il ne cherchait pas à en être un. Sa médiocrité, il s'en était toujours accommodé plutôt bien. Tant qu'il faisait chanter sa guitare, tant que sa muse de bois et de métal susurrait à son cœur de nouveaux poèmes, que demander de plus ?


    - « Abandonner », qu'est-ce que tu racontes, personne ne m'a abandonné... Nana ne m'a pas abandonné ! Il n'y a que toi, toi qui ne cesses de m'abandonner, chaque jour, tous les jours, je les compte même plus!


    C'est vrai ça, que demander de plus, pouvait-il seulement souhaiter plus ? Existait-il encore quelque part, paumé dans les confins de l'espace temps, un plus pour lui, un rêve à traîner, un souffle à enflammer, une épave à explorer ou un bateau de Thésée reconstruit après mille incendies, le même et plus tout à fait, et sa respiration s'accélère, et tout à coup il ne sait plus ce qu'il fait, quand lui, si timide et si lâche, empoigne le col d'une chemise portée trop de jours de suite.


    - Et comment ça je devrais laisser tomber pour Isaac ? Parce qu'il faut qu'après avoir été abandonné, j'abandonne à mon tour c'est ça ? Que je trace une croix sur tous nos rêves, sur tout ce à quoi on a cru parce que tu nous sortais des « Je sens qu'avec eux tout deviendra possible. Finalement on s'en sortira peut-être, Nobu » ? Merde Shin, quand est-ce que tu vas te réveiller ?


    Car que reste-t-il du sourire carnassier affamé de passion et de musique de Ren qui avait inondé d'étoiles les yeux écarquillés d'un petit blond trop bien peigné, hein ? Que reste-t-il de sa grande prêtresse chérie à la voix d'or si forte et si frêle qu'il a échoué à toujours protéger, gueule son poing en se fracassant lamentablement dans le mur, trop loin pour être crédible du visage d'un Shin interdit, il ne l'a jamais vu dans cet état, il ne s'est jamais vu dans cet état, et il fixe son ange déchu de colloc, son Icare suicidaire de bassiste, son frère torturé, ravagé, il le fixe en silence, la bouche ouverte, haletant un souffle haché du bousculement des mots muets, hein, que reste-t-il des demi-dieux, défiguré !, que reste-t-il des immortels, évaporée! , abandonné, pourquoi ????, Ren, abandonné, il dit vrai, Ren, Nana, où êtes-vous, pourquoi m'avoir délaissé, moi, le plus petit, le plus terne et le plus dépendant, moi le gosse un peu trop con et un peu trop gentil ? Pourquoi, gémissent ses yeux frémissant de larmes retenues, pourquoi tu m'abandonnes toi aussi, mon putain de frère, le seul qu'il me reste, qu'est-ce que je deviens moi sans vous, hein ?! Merde! Ça t'a pas suffi de quasiment sonner le glas du groupe il y a six ans, pour un putain de pétard ?! Tu veux recommencer c'est ça, mais cette fois en allant jusqu'au bout, t'atomiser de l'intérieur, fission nucléaire, et toi tu seras trop heureux que je te retrouve agonisant dans une flaque de sang et de miéline pulvérisée, ton cerveau en purée trop heureux d'embrasser tes rêveries débiles d'ado emo qui s'ignore, et moi je serai seul pour de bon, hein, seul pour de bon !, un putain d'orphelin, tu comprends ! Merde Shin !


    - Merde Shin, un putain d'o..orphelin....


    Mots écorchés éclaboussés dans le torrent des paroles vides, alors qu'il détourne la tête parce qu'il n'a pas le courage de reculer son corps tout entier. Mots broyés, mots d'un môme de 26 ans un peu perdu et un peu apeuré dans ce monde soudain si grand de la perte de tous ses géants, qui lâche le col de son cadet et se gratte gauchement la nuque un peu trop fort, rah itai, avec un peu de chance il ne m'aura pas entendu sangloter.


    - Je nous réserve deux billets A/R pour Tokyo-Narita demain, le plus tôt possible. Tu fais ce que tu veux.

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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Mer 8 Mar - 16:49

Et nous voilà arrivé au jour J. Nous étions désormais à Tokyo, à l’hôtel avec Risa, ma collègue et amie londonienne expatriée japonaise. C’était un retour au point de départ en quelque sorte, pour elle comme pour moi. Cela faisait quasiment 5 ans que je n’étais pas revenue ici. Tokyo était toujours aussi grouillante d’activité. Elle était loin l’époque où je jouais le rôle de manager de Mlle Nana, l’époque où bien que les médias soient trop collés aux basques des Blast et de leurs frasques sentimentales… tout allait plutôt bien. La chanteuse à la voix rauque était au sommet de sa carrière, en passe de dépasser Trapnest. Je la suivais dans ses déplacements, j’essayais de lui rendre service pour qu’elle n’ait plus qu’à se concentrer sur la musique en toute sérénité. J’avais adoré ce métier, et surtout, j’avais adoré pouvoir côtoyer Mlle Nana au quotidien, c’était comme un rêve de fan et également de fille amoureuse.

Allons Maï, ce n’était pas le moment de penser au passé ! En me préparant à assister à la cérémonie d’hommage en centre-ville, je tournai mon esprit vers l’avenir. Nous avions eu notre lot de drames, c’est vrai. Mais désormais, il fallait faire en sorte que le futur soit meilleur. Et pour cela, je devais retrouver Mlle Nana. J’espérais plus que tout qu’elle serait là pour l’hommage. Cela ferait plaisir à Ren, même s’il n’était plus là, j’étais persuadée qu’il continuait à veiller sur elle et qu’il allait tout faire pour qu’on la retrouve. Cela faisait 6 ans qu’elle était seule, quelque part à Londres. Elle avait besoin d’être entourée de ses proches. J’étais là pour la soutenir en ce jour de deuil, qui était aussi son anniversaire. Je décidai de ne pas mettre quelque chose de trop voyant ou trop coloré, dans le respect de la mémoire de Ren. Je mis mon chemisier blanc à col froufrou qui me suivait depuis mes années Blast, une jupe noire évasée avec des froufrous en bas ainsi que mes bottes noires à plateau surélevé de 5cm. Pour ma coiffure, je restais sobre avec mon carré brun sage. Je ne mis ni serre-tête ni bandeau. Avant de sortir de la chambre, je mis une veste noire très simple et pris mon petit sac à main.

Je frappai à la porte de la chambre de Risa, pour savoir si elle était prête à partir et entrai quand elle me l’autorisa. Puis après l’avoir salué, je ne pus m’empêcher de lui dire ce que je ressentais, les yeux perdus dans le vague, une légère pointe de nostalgie dans la voix :

”_ Dis Risa, tu crois qu’il y a aura beaucoup de monde à l’hommage ? Ren le mérite largement, c’est sûr mais… Depuis 6 ans, les gens ne doivent pas garder beaucoup de souvenirs de lui. D’un côté, j’ai envie qu’il y ait beaucoup de personnes, pour qu’on puisse rendre un bel hommage à Ren. Mais de l’autre… je me dis que les médias devraient arrêter tout ce battage autour de sa mort et penser plus aux sentiments de ses proches. Je sais bien que c’est le business… Mais je me demande comment Mlle Nana vit les choses. ça doit lui faire tellement de peine que les médias s’emparent de ça tous les ans, elle qui doit affronter cette date toute seule…”

Nana… Il fallait que je l’aide, que je la soutienne… C’était mon devoir. Puis avant même que Risa ait eu le temps de répondre, je repris mes esprits. Je ne devais pas faiblir, je devais être forte si je voulais retrouver et soutenir mon idole. En plus, je ne voulais pas montrer à Risa que toute cette histoire me touchait, ce n’était pas correct d’être triste alors qu’elle avait tout fait pour que je sois là aujourd’hui. Puis elle me connaissait comme la joyeuse Maï, légèrement excessive et collante. Je lui dis alors en souriant, avec ma bonne humeur habituelle :

”_ On verra bien après tout ! Mais j’ose espérer qu’ils n’en auront pas fait des tonnes et que ça sera un hommage digne à Ren, pas simplement un gros coup de pub. Je suis désolée de t’embêter encore, mais après la cérémonie… est-ce que tu serais d’accord pour m’accompagner jusque dans ma ville ? C’est là-bas qu’il serait plus correct de se rendre, pour Ren. Comme tu as déjà payé l’avion jusqu’ici, laisse-moi m’occuper du reste, d’accord ? On ira par avion, ça sera plus rapide, sinon on en a pour des heures de route…”

Puis dès que nous fûmes prêtes, nous sortîmes de l'hôtel et nous dirigeâmes vers le lieu de l’événement exceptionnel promis par les médias. Cela me faisait une drôle d’impression d’être revenue dans ces mêmes rues que j’avais sillonnées quelques années plus tôt. Rien n’avait vraiment changé, je reconnaissais bien les lieux. Risa était-elle de Tokyo ? Connaissait-elle cette ville ? Pourquoi avait-elle fui le Japon et pourquoi avoir choisi l'Angleterre ? Nous n’avions jamais vraiment pris le temps de discuter de notre passé. J’étais curieuse, mais… je ne voulais pas poser de questions trop personnelles qui auraient pu l’embarrasser. La curiosité était un vilain défaut, j’essayais de ne plus m’immiscer dans la vie privée des autres comme j’avais pu le faire avec les Blast. Je m'étais rendue compte que j'étais allée clairement trop loin par le passé, je devais contrôler mes envies de tout savoir sur tout le monde, peu importe les moyens.

”_ Risa, tu connais Tokyo ?”

Me décidai-je à lui demander, sans la forcer à m’en dire plus. De toute façon, je n’eus pas le loisir de lui poser trop de questions, je m’aperçus qu’au fur et à mesure qu’on se rapprochait du lieu, il y avait de plus en plus de monde. Je poussai alors un cri, surprise, et m’exclamai :

”_ Waouh, regarde tout ce monde ! C’est dingue ! J’aurais jamais cru qu’il y aurait tant de monde ! Alors qu’on ne sait même pas ce qui est vraiment prévu !”

On aurait dit des fans se dirigeant vers un concert de Trapnest ou de Blast à l’époque ! Ren était donc resté gravé dans la mémoire collective ! C'était incroyable... Et peut-être que parmi cette foule se trouvait Mlle Nana... Je devais ouvrir les yeux, surtout ! Qu’est-ce qui était prévu à cet hommage ? Impossible à dire, il me tardait de le découvrir...
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Shin'ichi Okazaki

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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Sam 11 Mar - 16:21

Au fond il se mentait à lui-même, il savait que ce n’était pas Nobu qui s’accrochait avec trop d’ardeur mais bien lui qui en plus d’avoir lâché prise ne faisait que fuir la réalité. Son comparse se décidait à l’affronter en lui adressant directement la parole pour la première fois depuis des jours, sa nuque devait lui sembler bien plus accueillante que sa mine décomposée marquée par les toxines que son corps absorbait pour assurer le repos de son âme. Fausse empathie manipulatrice ou prise de conscience soudaine animée par un spot de télévision, le guitariste avait l’espace d’un instant cessé d’être frileux et tentait de comprendre Shin. Il citait des noms à la volée qui n’avaient plus aucune autre signification que la douleur aux yeux du jeune homme. Comme s’il lisait une page d’un dictionnaire des synonymes. Cependant, une évocation manquait à l’appel. Peut-être la plus douloureuse de toutes. Son ami l’avait-il pressenti et volontairement occulté ? Dans son état le bassiste ne pouvait concevoir cela autrement que comme un oubli, réalisant que le flavescent ne tarirait pas d’arguments pour justifier son engouement. Il tentait en vain de le transmettre à un vaincu.

記憶は優しすぎて残酷

Son aîné était peut-être trop détaché à son goût mais il était certainement loin d’être bête. Ses analyses devenaient bancales, finalement troublées par les paroles du jeune homme mêlées à une bonne dose de principe actif. Ses idées n’étaient pas aussi claires qu’à l’accoutumée. Il était également possible que Nobu avait compris que la mention de ce nom aurait poussé le toxico encore un peu plus loin dans les tréfonds de sa Caïna personnelle, laissant son frère livré à lui-même alors que le passé le rongerait. Cependant voilà des jours que son cerveau bouillonnait pour ensuite se liquéfier. Interminable afterglow qui le rendait minable, végétant sur son fauteuil à vivre dans un monde imaginaire où tout se serait passé comme il souhaité dès le départ. N’aurait-il pas souhaité revoir les autres ? A présent cela ne lui faisait ni chaud ni froid, cependant lorsqu’il s’agissait d’évoquer l’éventualité que son ancienne idylle soit présente c’était différent. Tout son amas d’orgueil se défilait, son courage se faisait la malle et au final il n’y avait plus personne. Elle avait fait son choix, lui aussi. Sa carrière ne pouvait pas être freinée par le poids mort qu’il incarnait, il en était conscient.

But I never thought you’d trade your soul to your fate, never thought you’d leave me alone.

Il aurait aimé pouvoir la revoir mais rien n’était plus comme avant, elle ne reconnaîtrait plus celui qu’il avait été. La jeunesse pouvait justifier ses erreurs du passé et son comportement de l’époque mais à présent il n’avait plus aucune excuse. Que ferait-elle du ruffian qu’il était devenu alors qu’elle l’avait connu en véritable sigisbée prêt à tout pour la contenter ? La confronter serait un supplice des plus douloureux, et actuellement il avait assez donné niveau souffrance. Le bassiste ne pouvait définir combien de temps il était resté coi à se perdre dans des pensées pessimistes chevauchant un amour envolé. Soudain ses pérégrinations spirituelles furent interrompues par de vives secousses.
Rêvait-il ? Son homologue venait de le saisir par le col animé par une entéléchie unique. Décidément, il aura fallu tout ce temps pour qu’il se décide enfin à prendre les choses en main.


- Et comment ça je devrais laisser tomber pour Isaac ? Parce qu'il faut qu'après avoir été abandonné, j'abandonne à mon tour c'est ça ? Que je trace une croix sur tous nos rêves, sur tout ce à quoi on a cru parce que tu nous nous sortais des « Je sens qu'avec eux tout deviendra possible. Finalement on s'en sortira peut-être, Nobu » ? Merde Shin, quand est-ce que tu vas te réveiller ?

Son intervention passionnée raisonnait dans la tête du jeune homme qui ne pouvait réprimer un léger sourire provocateur à mesure que la poigne du flavescent se resserrait autour du tissu de sa chemise. Leur vision divergeait énormément, il était vraiment trop fidèle, pas étonnant qu’il s’entendait aussi bien avec Hachiko.

- Calme toi … tu es hystérique .

La scène relevait presque de l’irréel, le calme qui habitait habituellement le guitariste disparu pour laisser place à un ouragan de ressentiment. Grondant et cognant contre les murs de l’appartement. Les yeux à mi-chemin entre le stoïcisme et la surprise du jeune homme fixent les actes irraisonnés de ce qui se cachait finalement derrière le fuyard avant que son regard tumultueux ne vienne se planter dans le sien. Défiance , le lacérant d’une larme de douleur et d’orgueil. Profanant la tombe des interdits Nobu en vînt même à prononcer ce qui sonna comme la pire des insultes aux yeux de Shin.
Se libérant de l’étreinte de son confrère en l’agrippant par la gorge d’une main beaucoup trop tremblante pour être raisonnable. Monsieur Lilly ne lui permettait plus d’avoir un contrôle total sur ses actions et le cran soutenant le cuir du collier de son collègue lui égratigna la paume. Resserrant ses doigts crispés contre sa peau il le repoussa d’un violent geste de rage, de haine et de détresse.


- Moi je t’abandonne ?! Pourtant je suis là en permanence ! Celui qui passe ses journées à l’extérieur il est en face de moi ! – il ne pouvait plus s’arrêter à présent- Et oui je suis un orphelin et je t’interdis d’utiliser ça contre moi ! Tu n’as aucune idée de ce que c’est de perdre ce qui s’est le plus rapproché d’une famille de toute ta vie ! De vivre de rêves illusoires aussi éphémères qu’un bonheur qui s’envole trop vite, de construire des châteaux de cartes qui s’effondrent aussi vite que toi et ton manque de fondations pour te ramener à ta condition de déchet gisant sur un trottoir et que les rats finiront par se partager. Alors oui, j’ai cru pouvoir aller mieux, j’ai eu la folie de croire en un meilleur destin, la folie de croire à l’amour, d’espérer avoir une vie normale, excuse-moi de pas supporter de voir que rien ne fonctionnera jamais chez moi. Excuse-moi d’avoir pour seul une exemple mère qui s’est butée toute seule. T’es quand même gonflé de me sortir ça alors que toi tout ce que t’as à faire c’est d’aller reprendre gentiment l’auberge de tes parents pour avoir une vie correcte….. Je suis peut-être un putain d’orphelin mais toi t’es surtout un gros con.


Étouffer ces mots aurait peut-être été judicieux mais il était trop tard à présent. Profitant du recul de son colocataire, le benjamin parti s’enfermer dans sa chambre. S’écroulant contre la porte de cette dernière, tremblant comme jamais, que lui arrivait-il ? Pourquoi avait-il soudain évoqué sa génitrice ? En était-il arrivé à ce point de désespoir ? Déchirant son enveloppe de tissus froissée peut-être à raison par son comparse pour la jeter dans la pénombre de la pièce, afin d’étouffer la rage qu’il transpirait, il tentait de tout son être de se calmer. La tête entre ses mains, la respiration haletante, parfois trop forte, parfois coupée il faisait de son mieux pour se contenir.

« Mais calme-toi bordel ! »


Les minutes passèrent et avec elles les yeux de notre ami commençaient à se fermer, la fatigue commençait à avoir raison de la panique. Dans un dernier soupçon de volonté il se leva pour se rafraîchir à l’eau bouillante. La vapeur comme du zyklon pour son cœur l’aidait à se calmer, à euthanasier brièvement ses sentiments. Un jean déchiré et une veste hoodie qu’il laissa ouverte feraient l’affaire. Quittant son antre de chagrin il se dirigea vers la porte de l’appartement sans même prêter attention au devenir de Nobu. Il devait s’aérer. Quitter cet univers pesant de souffrance.

- Je sors, prend tes billets si tu veux. Ça m’est égal.

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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Dim 12 Mar - 21:29

Des heures et des heures de vol. Des heures pour retourner aux portes de l'enfer qu'elle avait quitté. Des tombes froides, l’incompréhension, la violence, le désespoir. Voilà ce qu'elle retrouvait au Japon. Tokyo, cette ville qui ne s'arrêtait jamais, qui avait tourné autour d'elle sans l'apercevoir, elle qui à l'époque ne cherchait qu'un regard, qu'une main tendue.

" Les malheurs sont comme le bonheur des choses incontrôlables [...] Ça va aller ? Je peux faire quelque chose pour vous peut-être ? "

Si, une main s'était bien tendue. Celle de Shin d'abord, puis celle de Juliet qui l'avait envoyé à Londres, un autre enfer, mais qu'elle parvenait à maîtriser mieux que l'autre.

Suivant Mai docilement, elle était rentrée dans le taxi les menant à l’hôtel, restant muette et pensive. Devait-elle se rendre sur les tombes de ses parents ? Devait-elle essayer de prendre des nouvelles de son abominable frère ? Devait-elle essayer de revoir Juliet ? Des tas de questions sans réponses se bousculaient dans sa tête. Elle essayait en vain de peser le pour et le contre, de mettre tout ce qu'elle avait vécu au passé et d'avoir du recul sur les événements, mais en vain. Elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle était dans sa chambre d'hôtel, valises dans l'entrée.

* Faut peut-être que je pense à me préparer moi. Mai a l'air de vouloir les choses bien alors faisons lui honneur. *

Elle se dirigea vers la douche puis, une fois rafraîchie, ouvrit sa valise pour en sortir deux tenues qu'elle examina avec soin. La première, une robe noire sobre et décente semblait plus de circonstance. La seconde, rouge sombre avec un dos nu très plongeant en V qui descendait jusqu'à sa chute reins, était beaucoup plus en accord avec elle. La rouge serait parfaite. Après tout, de ce qu'elle se souvenait de l'époque où les deux groupes étaient au sommet, Ren était plutôt fêtard et aimait les jolies filles bien roulées non ? Quelle meilleure façon de lui rendre hommage ? S'il ne devait y avoir que des thons mal fagotés, elle était sûre que le guitariste aurait trouvé ça naze. Enfin sûre, façon de parler. C'est surtout que ça la rassurer de penser ça. Elle attacha ses cheveux en un chignon haut un peut déstructuré et fini le tout à grands renforts de laque et de maquillage. Sa paire d’escarpin préférée prête être enfilée, elle n'eue pas longtemps à attendre Mai.

- Dis Risa, tu crois qu’il y a aura beaucoup de monde à l’hommage ? Ren le mérite largement, c’est sûr mais… Depuis 6 ans, les gens ne doivent pas garder beaucoup de souvenirs de lui. D’un côté, j’ai envie qu’il y ait beaucoup de personnes, pour qu’on puisse rendre un bel hommage à Ren. Mais de l’autre… je me dis que les médias devraient arrêter tout ce battage autour de sa mort et penser plus aux sentiments de ses proches. Je sais bien que c’est le business… Mais je me demande comment Mlle Nana vit les choses. ça doit lui faire tellement de peine que les médias s’emparent de ça tous les ans, elle qui doit affronter cette date toute seule… On verra bien après tout ! Mais j’ose espérer qu’ils n’en auront pas fait des tonnes et que ça sera un hommage digne à Ren, pas simplement un gros coup de pub. Je suis désolée de t’embêter encore, mais après la cérémonie… est-ce que tu serais d’accord pour m’accompagner jusque dans ma ville ? C’est là-bas qu’il serait plus correct de se rendre, pour Ren. Comme tu as déjà payé l’avion jusqu’ici, laisse-moi m’occuper du reste, d’accord ? On ira par avion, ça sera plus rapide, sinon on en a pour des heures de route…


- Les médias ont annoncé un grand rassemblement non ? Je pense qu'arriver rapidement ne sera pas un tord. Pour ce qui est du battage, sans vouloir jouer les rabat-joie, je pense que les labels respectifs de Trapnest et Blast s'en servent pour continuer à s'en mettre plein les poches et les médias doivent espérer avoir des news super croustillantes comme quoi les membres seraient enfin sortis de leurs cachettes. Surtout Nana et Reira. Le ressenti des deux, ils s'en carrent l'oignon royalement.

Se rendant bien compte qu'elle était encore pessimiste et dure plus qu'il ne le fallait en cet instant, elle décida de se raviser et d'adoucir un peu ses propos.

- Pas de soucis ne t'en fais pas. On ira demain si tu veux ? On pourra en profiter pour y passer la journée et tu me feras visiter comme ça. Et si tu veux payer pas de problème, mais tu sais bien que les questions d'argent ne sont pas un problème pour moi. Et puis tu sais, pour la cérémonie, ce n'est pas parce que c'est sûrement fait pour de mauvaises raisons qu'elle ne sera pas très belle. Après tout c'est un rassemblement de fans comme toi, le vrai hommage viendra de vous, pas de ce que les majors ont organisé. Envisage ça comme un vase. Même si le vase est pourri, ça n'empêchera pas les fleurs d'être sublimes.

Elle tenta de mettre de côté ses préoccupations toutes personnelles pour adresser à Mai un de ses sourires à la fois rayonnants et affectueux qu'elle savait si bien faire sur commande. Elle craignit cependant que la jeune femme, trop coutumière de ce genre d'attitude, ne décèle le faux derrière ses dents blanches.

Elle suivit Mai vers le lieu de la cérémonie. Mai étrangement pensive d’ailleurs. Qu'est ce qui pouvait bien lui trotter dans la tête ? Elle avait l'air absorber par un problème complexe, essayant d'évaluer la situation sous tous ses angles malgré des séquences manquantes dans les données qu'elle avait en sa possession... Peut-être aussi que Risa était simplement un peu parano et, absorbée par ses propres questions et problèmes, elle décalquait des préoccupations similaires à son amie.

- Risa, tu connais Tokyo ?


Cette question la désarçonna quelque peu. C'était la première fois que Mai lui demander quelque chose sur son passé de façon aussi claire. Peu importait son interlocuteur, Risa avait toujours pris grand soin d'éviter le sujet de ses origines et de son passé. Depuis qu'elle avait quitté Tokyo, personne ne connaissait ce chapitre de son existence. Elle décida cependant de répondre à la question de Mai. Après tout elles étaient amies.

- Oui, plutôt bien. C'est d'ici que je viens. Je suis allée en cours pas très loin d'ici, dans les beaux quartiers. À l'évocation de ce souvenir lointain, elle ne pu retenir un sourire sarcastique. Mais c'était il y a longtemps maintenant. J'ai fait quelques petits boulots aussi, plus à l'est de la ville.

Mais à peine la conversation avait commencé qu'elle fût à son terme. Les jeunes femmes avaient cessé de parler devant l'ampleur de ce qui les attendait. Un gigantesque rassemblement de fans, venus de partout apparemment, s'étalait devant leur yeux.

- Waouh, regarde tout ce monde ! C’est dingue ! J’aurais jamais cru qu’il y aurait tant de monde ! Alors qu’on ne sait même pas ce qui est vraiment prévu !

Effectivement la scène était plutôt impressionnant. Risa sentait même une pointe d'agoraphobie monter en elle devant cet attroupement apparemment impénétrable.

- On dirait bien que la ferveur des fans de Ren n'est jamais retombée, ou très peu dans ce cas. On avance ? Je suppose que tu voudras être au milieu de la foule pour mieux observer.


Risa n'avait pas manquait l'air de Mai qui de, gentille fille discutant de tout est de rien, était soudainement passé à tête chercheuse super entraînée. Alors malgré son appréhension toute compréhensible, elle était prête à traverser la foule avec sa collègue, à la recherche des bribes du passé de cette dernière et de visages que Risa n'avait vu que sur des affiches.

_________________

Ça n'a jamais été passionel, ni fusionnel... C'était juste des mots et des soupirs partagés au vol durant un court instant de plaisir inavoué. Rien d'autre.

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MessageSujet: Re: Lone & Ardent   Lun 13 Mar - 22:17

Miu était rentrée et aussitôt après lui avoir parlé de ce que j'ai vu à la télé, elle me fit part de son ressenti.

-Oui, j'ai entendu ça au studio. C'est tout de même étonnant cet engouement après 6 ans. Les maisons de disques ne s'en lasseront jamais. J'aurais bien aimé y aller, je suis sûre que Hachi y sera, sans doute Shin et Nobu aussi. Malheureusement, je dois encore retourner en studio demain.

Après 6 ans, il y avait encore des fans de lui, c'est dire à quel point il a su marquer les esprits à travers sa chanson, bien qu'il y ait probablement une partie de charisme et de beauté physique. Il suffit de voir le ratio de fans homme/femme pour avoir une certaine idée de pourquoi il plaît tant. Surtout que pour faire de l'argent, rien de mieux de surfer sur l'émotion et la nostalgie pour vendre au maximum au profit d'un mort, c'est un combo diablement efficace. Malheureusement pour moi, Miu ne sera pas là demain, je vais devoir donc observer le déroulement de cet événement seul. Suite à cela, elle me conseilla d'enlever mes lunettes et mes piercings, ce qui n'était pas une mauvaise idée, après tout, j'avais réfléchit à cette éventualité afin de passer inaperçu de la plupart des inconnus. Après cela, Miu prit un en-cas rapide avant d'aller directement se coucher avec moi, afin de parler de nos journées dans le plus grand des calmes et en dehors du stress quotidien. Je parlais de ma paperasse au bureau et Miu de sa journée au tournage. Soudainement, la sonnerie du téléphone de Miu se fit ressentir et elle décrocha instantanément, probablement le travail. Elle m'annonça alors une bonne nouvelle.

-Au final, ils annulent la journée de répétitions de demain. Il y aura trop de bazar en ville pour que certains acteurs puissent venir. Je suis donc libre. Tu veux bien que je t'accompagne ? On reverra sans doute pas mal de monde. Si on peut, il faudra retourner dans votre ville un de ces jours, qu'on puisse rendre un vrai hommage à Ren, tu ne crois pas ?

En signe d’acquiescement, j'hochais la tête afin de lui montrer qu'elle pouvait venir avec moi demain si elle le souhaitait, elle savait à quel point Ren comptait pour moi, depuis qu'on est ensemble, elle avait toujours cette petite attention à mon égard, serais-ce parce que je lui ai dit qu'il était bon de se faire retenir lors de nos débuts? En tout cas, bien qu'elle soit toujours aussi rationnelle, elle semble plus soucieuse qu'auparavant, et j'appréciais vraiment cette facette d'elle, alors qu'elle était si réservée auparavant. En 6 ans de relations, je peux très clairement le dire : Elle a changé.

Eteignant la lumière afin de pouvoir être dans l'intimité la plus totale, nous passâmes la nuit ensemble avec les étoiles seules témoins de notre amour, sans nous soucier de quoique ce soit, sauf de la journée de demain...


Le lendemain au matin...

A mon habitude, je me réveillais au matin à l'aube, Miu dormait encore, elle n'avait pas besoin de se lever. Lentement, je me levais sans qu'un seul son ne vienne troubler son sommeil afin de travailler sur mes dossiers en cours à domicile. C'était le week-end donc je n'avais pas à aller au cabinet aujourd'hui. Je m'étais lavé et j'avais même pris soin de préparer un petit déjeuner pour deux. Chocolat chaud et quelques toasts à l'occidentale étaient au menu car je n'avais pas le don de la cuisine comme Hachi afin de préparer de grands mets, mais c'est l'attention qui compte après tout. Je n'étais pas du genre à manger beaucoup au petit déjeuner mais je pense que quelque chose de chaud fera plaisir à Miu, quitte à lui laisser ma part. Je connaissais les habitudes de la jeune femme à force et donc, je savais vers quelle heure elle se levait approximativement, par conséquent, quand l'heure approchait, je m'installai aux fourneaux afin de préparer de quoi se nourrir afin que lorsqu'elle arrive à table, tout soit fraîchement servi. A son arrivée, je lui avais donc annoncé ma surprise, sans grande surprise.

-Le petit déjeuner est servi. Bon appétit.

Nous nous sommes ensuite installé, dehors, on pouvait déjà voir une armada de fans commencer à déambuler dans les rues, ça ne rigolait pas. Tout ces fans, c'était ahurissant, ils se souviennent encore de Ren malgré toutes ces années? La plupart des fans doivent avoir bien grandi, ils sont probablement majeurs maintenant... En tout cas, je vais devoir redoubler d'efforts pour ne pas me faire repérer...

Nous sommes restés toute la matinée ensemble, à l'écoute des informations alors que nous savourions ce moment de paix à deux, dans notre bulle, jusqu'au déjeuner. En début d'après-midi, après avoir regagné nos occupations personnelles quelques temps, nous nous décidâmes de sortir afin d'observer cet événement de plus près, afin de nous rendre à l'arrondissement d'Adachi. Les fans de Blast y seront, ainsi que les fans de Trapnest, dernier groupe de Ren. J'espère que les lieux ne seront pas trop bondés, mais je pense me faire des illusions, mais au fond de moi, je croisais les doigts pour au moins croiser des anciennes connaissances...


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